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21 octobre 2011

Cette France qui gronde.

Le succès, inattendu pour elle, des primaires citoyennes qui ont consacré à une large majorité François Hollande, a déclenché à l’UMP un mouvement de panique à ma connaissance unique en son genre.

Comme toujours en pareil cas, par gros temps, les gens intelligents courent aux abris en attendant que la vague passe tandis que les moins doués (…restons gentils) se mettent à gesticuler vainement sur le pont du navire. C’est ainsi que l’UMP a envoyé en première ligne quelques agités des méninges dont les discours invraisemblables lui ont fait perdre encore un peu plus de son crédit.

Résultat Hollande, crédité dans les sondages de quelque 58% de bonnes opinions, vient de franchir allègrement la barre des 60%. Sans donner immodérément dans la « sondagite » on peut considérer néanmoins qu’il y a là un signe fort.

Au lieu de singer le Téléthon et d’afficher sur un compteur le prétendu coût exorbitant des promesses socialistes, les amis (ou prétendus tels) de Sarkozy auraient été plus avisés de se demander pour quelles raisons Martine Aubry avait perdu ; et perdu si nettement au second tour, alors qu’elle avait passé brillamment le premier tour et pouvait même envisager le succès sans être ridicule.

Si je fais abstraction de sa vieille histoire avec Frèche, qui était une constante, (tout de même l’Aude à voté à plus de 70% contre elle et dans certains de ses cantons le taux a dépassé celui de la Corrèze) Mme Aubry semble avoir perdu toutes ses chances à la sortie de son face à face avec Hollande, en fanfaronnant inutilement et sottement contre lui devant les micros qui se tendaient.

Mais, selon moi, il y a une raison plus profonde et plus subtile à cet échec, et là on rejoint l’inattendu revirement de la majorité au Sénat.

Il y a dans les profondeurs de notre pays un réel attachement républicain, de caractère traditionnel, qui fleure bon encore la troisième République, l’humanisme et même le vieux radicalisme laïque si attaché aux libertés individuelles. Là, on est modérément progressiste et ennemi des excès.

Quand cette France profonde est blessée par les atteintes à ses valeurs, elle se rebiffe, elle rue dans les brancards. C’est elle qui a défait et refait le Sénat. C’est elle qui a « grondé » contre Martine.

Et puis, ce qu’a fort bien compris Hollande, élu de la Corrèze et qu’avait compris bien avant lui François Mitterrand, natif de la Charente et indéfectible élu du Nivernais, un candidat aux champs en train de tâter le cul des vaches, bien implanté au cœur de  la France rurale, même dans le béton des villes on aime ça. Vieil atavisme paysan sans doute. Voyez comme le Salon de l’Agriculture est toujours populaire et comment Chirac s’y est taillé un succès. Ce n’est pas dans la modernité du temps, mais c’est ainsi.

François Hollande avait pour lui la majorité des Présidents des Conseils Généraux, des Régions, des maires des petites et moyennes villes de province. Bref de ce qu’il est convenu d’appeler « les territoires » de plus en plus délaissés. Ce n’est pas pour rien que son premier geste de candidat a été d’aller saluer les sénateurs de sa mouvance.

Martine Aubry engrangeait le soutien des militants et élus des grandes métropoles : Paris, Marseille, Toulouse…sauf Lyon. Elle aurait pu bénéficier de l’effet de nombre. Mais même si elle est montée sur le haut de son beffroi dans sa bonne ville de Lille, elle n’a rien vu de ce qui se préparait.

La France des territoires ne s’est pas reconnue en elle.

Alors, pour revenir à l’UMP, celle-ci pourra toujours aligner des chiffres, agiter les vieux démons de la peur, attaquer à l’arme lourde, elle ne pourra jamais effacer le malaise de ces  républicains froissés par un Président, qui depuis plus de quatre ans joue au monarque capricieux et agit de la sorte, sans pour autant avoir une vision de l’avenir.

 

 

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