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13 octobre 2011

L'esprit d'escalier.

 

Je ne voulais pas écrire une seule ligne entre les deux tours. Mais la façon dont ça dérape m’oblige à réagir.

 

A l’adresse d’un homme avec qui il était fâché, le célèbre dialoguiste, Michel Audiart eut ce mot terrible : « Je ne parle pas aux cons, ça les instruit. » 

Rares sont ceux qui, à une pareille vacherie, savent répondre du tact au tact. Ou lorsqu’ils trouvent la réponse, il est trop tard.  

Au dix huitième siècle, dans les salons mondains, où de pareilles attaques verbales (plus finement énoncées) étaient fréquentes, on se moquait de ceux qui manquaient de vivacité pour répliquer et qui ne trouvaient la phrase juste qu’en partant, lorsqu’ils étaient dans l’escalier. 

D’où l’expression : « Avoir l’esprit d’escalier ». 

Face à l’humour grinçant et ravageur de François Hollande, ( il est vrai, qu’il n’en a pas abusé), Martine Aubry ne s’en était pas mal tirée et joute contre joute (le T ici est primordial) avait tenu le choc. La bonne impression à son égard était de mise. 

Pourquoi, à peine sortie du débat, s’est-elle crue obligée de relancer les attaques qu’elle n’avait pas osé servir à celui qu’elle avait en face, avec  sa « gauche molle » et ses allusions perfides aux marchandages et combines qu’Hollande aurait eus avec ceux qui se sont désistés en sa faveur ? 

Attention Martine, l’abeille pique, mais à la fin elle meurt ! 

Quand on prétend aspirer à la plus haute fonction, on prend de la hauteur. On ne reste pas au niveau du congrès de Reims. On ne tombe pas dans les travers tant reprochés au PS. 

Si Hollande est jugé mou, irrésolu, changeant, pourquoi ne pas le lui avoir dit contradictoirement et nous l’avoir dit, sans détour, exemples à l’appui (celui sur le cumul des mandats est insuffisant). Vous connaissez après tout votre concurrent mieux que le téléspectateur de base et toute information étayée (et pas une rumeur) sur un trait de caractère négatif de celui qui peut-être dirigera le pays, aurait pu être d’une grande utilité pour conforter dans leur choix les spectateurs du débat. 

Et surtout, Mme Aubry, pourquoi parler de tractations secrètes menées entre les deux tours par votre concurrent qui ne peut plus vous répondre sur le champ, quand vous-même avez signé le mystérieux pacte de Marrakech avec un DSK, alors roi des sondages. Pacte que vous vouliez cacher, mais finalement dévoilé par ce dernier. Les petits arrangements ne seraient-ils bons que pour votre cas ? 

Vous accusez les autres de flou alors qu’Arnaud Montebourg a mis en évidence le vôtre. Vous n’avez pas hésité voici plus de deux ans à peser de votre poids afin d’exclure les fédérations P.S. de l’Aude, de l’Hérault, des P.O. pour leur soutien au regretté G. Frêche, alors que vous avez sérieusement atermoyé et louvoyé à propos des Bouches du Rhône où les faits sont nettement plus graves. Et ceux qui suivent la politique vous soupçonnent d’avoir fermé les yeux sur les éventuels agissements de gens qui vous soutiennent. 

Vous méritez largement la place à laquelle vous prétendez. Pourtant vous risquez de la perdre en Languedoc-Roussillon à cause d’un manque de discernement, d’une absence de volonté de rassembler, par excès de rigueur, sinon de raideur. Le Languedoc Roussillon vous a déjà désavoué et tourné en ridicule par son vote massif en faveur de ses élus que vous aviez bannis par défaut de clairvoyance. 

Mais peut-être gagnerez-vous en dépit de cela. Souvenez-vous alors que, face au redoutable adversaire que sera Sarkozy, si vous voulez le terrasser dans un débat, il ne faudra pas avoir, c’est le moins qu’on puisse dire, « l’esprit d’escalier ».

 

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