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11 octobre 2011

Le dernier bal des éléphants.

 A la suite des primaires de la gauche, qui, à la grande rage de l’UMP, ne quittent plus les télés, trois constatations s’imposent : 

La première est que la droite vient de perdre une nouvelle élection. Une élection virtuelle pour elle, certes, et sans grande conséquence apparente, mais pourtant lourde de sens. Le bon Copé bien droit dans ses gros sabots, malgré sa figure déconfite, fait mine de triompher. Selon lui quatre électeurs sur cent à peine se sont déplacés. Et d’opposer à ce résultat l’énorme chiffre des quarante cinq millions d’inscrits sur les listes électorales. Oh là ! Jeune homme, et les électeurs de droite, qu’en faite vous ? Vous auriez voulu qu’ils allassent voter ?   Concédons pour l’instant que l’opinion française est divisée en  en deux camps. Cela donnerait au minimum 22 millions et demi d’électeurs potentiels à la gauche.  Dans ces conditions les résultats ne sont plus les mêmes. Il s’agit bien de 11 électeurs  sur 100 de sensibilité de gauche, qui sont allés aux urnes citoyennes. Perdu ! Monsieur Copé. Continuez ainsi, vous faites le bonheur de vos adversaires. 

La deuxième constatation est que le PS, en s’adressant aux citoyens, en élargissant sa base, ne peut plus fonctionner comme il le faisait en interne. Finies pour le coup l’affrontement sournois des courants, les luttes fratricides qui attisaient les haines, les réconciliations de façade, les synthèses contre nature, les magouilles de faux frères. En étalant au grand jour leurs différences, devant la nation toute entière, les candidats  se sont obligés au respect mutuel, à la retenue réciproque. La politique y gagne en clarté et en hauteur de vue. Finalement, par delà la complexité des programmes, c’est ce qui a plu. 

La troisième conséquence enfin, qui découle des deux premières, est le triomphe d’Arnaud Montebourg et, dans une moindre mesure, celui de Manuel Vals. Tout en sortant quelques cadavres de sous le tapis, Montebourg préconise une politique différente. Etouffé, ultra minoritaire, à la limite noyé dans son propre parti, l’homme a profité d’une fenêtre ouverte pour frapper l’opinion. Son talent a fait le reste. Montebourg dimanche a sonné la fin du bal des éléphants. Du moins de ceux qui se tenaient par la trompe et tournaient indéfiniment en rond.  Le voilà désormais maître du jeu. Il ne boude pas son plaisir et même le prolonge afin d’embarrasser les deux candidats en quête de ses voix pour l’emporter au deuxième tour. 

L’idée est peut-être simpliste, mais il est d’une implacable logique : Puisque le système ne marche pas, changeons-le. L’argument à de quoi séduire ceux qui, étant dans la désespérance, voient défiler les candidats de tous bords qui  leur promettent tous le changement, sans que rien jamais ne change une fois élus. Trop de chômage, trop de précarité, trop de difficultés pour les uns, trop d’insolence  du profit pour les autres ; tandis qu’inexorablement s’accentue au fil des années l’écart entre les riches et les pauvres. 

Le monde est fou et il faudra peut-être l’audace folle d’élus comme Montebourg pour secouer la torpeur des dirigeants endormis dans leurs palais dorés. Nous verrons bien comment s’en accommodera Hollande, nous verrons bien comment s’en accommodera Aubry.

 

 

 

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