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29 septembre 2011

C'est demain ou jamais.

 

Le deuxième débat des primaires a été meilleur que le premier. Les six candidats moins tendus, rassurés par une première expérience qui s’est bien passée, se sont finalement laissé aller à une attitude plus naturelle et plus conforme à leur personnalité.

Ainsi a-t-on pu assister à un combat entre les anciens, rodés  de longue date à l’exercice politique, et les modernes,  fougueux, sincères, attachés à persuader, mais bien moins prudents.

Les premiers représentés par Martine Aubry, Jean-Michel Baylet et François Hollande ; les seconds représentés par Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Vals.

De toute évidence, pour mieux battre Sarkozy, il est obligatoire que ce soit un candidat du premier groupe qui gagne les primaires ; un candidat propre à ne pas effaroucher un électorat modéré et moyennement conservateur.

On voit nettement qu’à ce jeu François Hollande n’est pas seulement le favori des sondages, mais qu’il est déjà habité par un destin. L’homme n’a pas seulement travaillé son physique, son apparence, il a fait aussi un long cheminement intérieur. Il faut bien le reconnaître, il s’est forgé un mental de combattant : il est prêt pour une rude campagne et croit manifestement en sa victoire. C’est clair désormais, cette nouvelle force tranquille qui émane de sa personne va redonner de l’espérance à de nombreux Français.

Tout cela est bien pour gagner. A à mon avis c’est insuffisant pour gouverner à gauche.

Si le PS revient au pouvoir, comme en 1981, en entrant sans rien changer dans le moule de la V°, s’il prétend toujours gouverner dans un système plus que jamais dominé par l’argent, il va droit dans le mur.

François Hollande, s’il remporte les primaires, a donc tout intérêt à ouvrir ses deux oreilles pour écouter ce que lui disent avec conviction Ségolène Royal face à lui, Arnaud Montebourg à sa gauche et Manuel Vals à sa droite. Ces trois derniers ont énoncé et défendu des réformes dont il faudra faire la synthèse si l’on veut parvenir à corriger les graves défauts d’une République moribonde où règnent au plus haut niveau les faux-semblants, le mensonge et la corruption.

Surtout que, depuis dimanche, avec le renversement de la majorité au Sénat, le PS a une chance extraordinaire : la gauche peut être ultra majoritaire au Congrès (Députés + Sénateurs réunis à Versailles). Il aura donc la possibilité de faire voter par le congrès toutes les réformes institutionnelles qu’il jugera utile afin d’assainir la vie démocratique.  A cet égard, Mme Royal,  Vals aussi bien que  Montebourg ont énoncé des réformes hardies et sensées qu’il ne faudra pas laisser aux oubliettes.

Pour la première fois peut-être dans son histoire, le Parti Socialiste a à la fois la possibilité de gérer (ce qui sera particulièrement difficile), mais plus important encore, et finalement plus facile, de réformer ; c'est-à-dire de modeler en profondeur notre société suivant l’approche d’un idéal de gauche. S’il en a le courage et la volonté il pourra passer de la formule « il faut » à la formule « je veux ».

Demain, si les élections lui sont favorables, nous verrons alors si Hollande a les épaules larges. Soit il choisit de suivre les ornières du chemin et il sera comme les autres, médiocre et à bout de souffle au bout de cinq ans, soit au contraire il quitte les sentiers battus pour appliquer un programme compatible avec les attentes des citoyens de base. Il pourrait entrer alors dans la cour des grands  pour rejoindre Mendès France, Léon Blum et, pourquoi pas, Jaurès.

Si le PS veut continuer à incarner la gauche, c’est demain ou jamais. C’est ici qu’on peut avoir une crainte.

 

 

 

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