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24 septembre 2011

Une quinzaine noire...comme la poudre.

 

Noire quinzaine ! Non ! Il ne s’agit pas des banques qui jouent au yoyo à la bourse, mais de notre inestimable Président Nicolas Sarkozy. 

Pourtant tout avait bien commencé pour lui…en Libye. Sans attendre là-bas que les pommes soit mûres, il était allé les cueillir, espérant recueillir la récolte de sa sémillante politique extérieure. 

Et cela avait plutôt bien fonctionné. Il avait croulé sous les applaudissements et les vivats d’une foule éperdue de reconnaissance. A tel point qu’un candidat socialiste des primaires s’était félicité, en plein débat, que la France fût à ce point honorée à travers son Président ; même s’il le dit avec l’air de celui qui laissait entendre que c’était bien la première fois. 

Mais la Libye, hélas ! trois fois hélas ! c’est trop loin ; et l’écho de ce triomphe  bien orchestré a été vite dissipé. Les Français donnent le sentiment de se foutre de ce qu’il se passe derrière leur porte ; ils sont plus sensibles à ce qu’ils voient chez eux ou à ce qu’ils trouvent dans leur assiette. L’avenir pour eux ne dépasse pas, pour l’instant, les bouclages de fins de mois.  

Malheureusement quand rien ne va, tout part de travers. L’Elysée encore une fois a eu une  fort mauvaise idée, celle de déstabiliser Villepin reblanchi par la justice dans l’affaire Cleastreem . On s’est préoccupé de lui allumer dans le dos une mèche d’amadou. Une mèche qu’on espérait lente et perfide. Un certain Bourgui, haut fonctionnaire, remis en selle et décoré par Sarkozy, s’est brusquement souvenu, seize ans plus tard, que des valises bourrées de billets sont venues financer frauduleusement la campagne d’un certain Jacques Chirac. Du coup, Villepin, chef d’orchestre de cette campagne, est accusé d’avoir reçu des  petites coupures comme s’il avait plu des confettis. Pour faire bonne mesure, Bourgui affirme, la main sur le cœur : « Avec Nicolas…Pardon ! Avec le Président Sarkozy, ces mauvaises pratiques ont cessé. » Bravo ! 

Des preuves ? Aucune ! Si ce n’est la mémoire d’escargot de Bourgui et sa bonne conscience chauffée au moteur diésel. 

Les Français ont bien ri, non de la méchante farce, dont ils sont à peu près sûrs qu’elle est vraie, mais de la façon dont on l’a faite remonter des bas-fonds. Tout juste s’ils n’ont pas crié, goguenards : « Sarkozy on t’a vu ! Montre-toi ! » 

Mais, une mèche lente, c’est comme le feu qui couve sous la cendre : quand on s’y attend le moins elle peut vous allumer tous les pétards d’un mauvais quatorze Juillet. Les juges ont-ils été excités par l’odeur de la poudre ? Sont-ils vexés qu’on ait voulu les supprimer ? 

Et la campagne de Balladur, ont-ils publiquement demandé, comment, par qui a-t-elle été financée ?  

Comme aurait dit Victor Hugo : « L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme. » C’est l’éternelle histoire de l’arroseur arrosé.   

Car apparemment pour ces braves juges, plus que jamais droits dans leurs bottes, la réponse est dans la question. Alors les têtes tombent si bien autour du roi, qu’il ne restera bientôt plus que la tête du roi : Bazire, Gaubert… et pour que le spectacle soit complet Hortefeux s’étale en place publique comme s’il avait glissé sur un étron ; tout çà pour un coup de téléphone malheureux, voire illégal.  

Comment se fait-il que des gens d’une intelligence au-dessus de la moyenne deviennent aussi bêtes dès qu’ils sont nommés ministres ? Cela restera toujours pour moi un mystère que je médite depuis qu’un certain ministre de la Justice envoya un hélicoptère au-dessus de l’Himalaya afin de récupérer un indispensable procureur. 

Tel est pris qui croyait prendre. Il ne reste plus à notre éminent Président à souhaiter que si ça pète, ce soit à la poudre noire. La poudre noire, vous savez, ça dégage beaucoup de fumée.

 

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