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16 septembre 2011

La relève et l'espérance.

 

  Le PS semble avoir tiré les leçons de l’expérience malheureuse de la campagne présidentielle de 2007 et c’est, me semble-t-il, un signe fort envoyé aux électeurs des primaires qui n’auront plus le sentiment d’aller voter pour rien.

 

Sur la forme, le débat était un peu rigide, convenu, et dans certains passages un brin ennuyeux. C’est le défaut mineur de ce genre d’émission où, dans un louable souci d’égalité démocratique, le temps est compté à la seconde près.

 

 Comme prévu, dans un affrontement qui se jouait essentiellement sur des différences de personnalités ou de tempéraments, chaque candidat s’est attaché à forcer le trait de ses qualités tout en gommant ses faiblesses ou ses défauts. Ils ont tous, d’après moi, plutôt réussi l’examen de passage, avec un bémol pour Ségolène Royal qui ne fut pas égale à elle-même. C’est dommage. Elle a eu le mérite en 2007 de lancer des idées nouvelles (qui depuis ont été pillées) de secouer la poussière du PS et de tanner le cuir de certains éléphants qui ne s’en sont pas remis; mais elle n’a pas su trouver un second souffle.

 

La présence de Jean-Michel Baylet n’était pas incongrue, mais symbolique au contraire. L’idée que d’autres formations de gauche puissent participer à ce genre de compétition est de nature à élargir les idées et à renforcer les alliances pour un même combat. La démocratie ne peut qu’y trouver son compte.

 

Sur le fonds,  après quelques vieux couplets éculés comme des refrains, cette prestation ne fut pas moins intéressante. Le mérite, me semble-t-il, en revient à Arnaud Montebourg certainement le plus à gauche et le plus énergiquement engagé. Enfin ! Pourrait-on dire, un candidat qui ose dire, que si le PS reprend une fois encore le pouvoir sans réformer le système, il rentre à l’Elysée pieds et poings liés, sans autre possibilité de que de suivre le char de l’Etat dont il ne tiendra pas les rênes. Un programme de gouvernement ne suffit plus, il faut l’assortir d’un programme de réformes institutionnelles pour combattre les abus. La fringante V° République de de Gaulle a vieilli à l’usage des hommes.

 

Et que font aujourd’hui les chefs de nos vieux états européens ? Ils galopent après le pouvoir financier, après les banques, pour poser des rustines ou colmater les brèches. Oui ! il faut mettre au pas les banques qui sont l’ennemi de l’intérieur.

 

Avec ses airs de Saint Just, incorruptible pourfendeur des malhonnêtes et des magouilleurs, Arnaud Montebourg, sauf improbable surprise, ne sera pas désigné. Le PS encore peuplé d’une majorité de pantouflards n’est pas près de le suivre dans ses options radicales. Il s’en remettra. Il est jeune et, comme disait Montaigne, « en frottant sa cervelle contre celle d’autrui », il apprendra à manier la ruse sans, je l’espère vivement, renier les fondements de sa pensée. Il vaut toujours mieux perdre en disant sa vérité que de gagner sur des mensonges qui vous collent ensuite à la peau.

 

En tout cas, un candidat qui me paraît clair sur les principes et déterminé dans  ses choix  ne peut qu’apporter une bouffée d’air pur dans un monde politique fatigué (et qui nous fatigue) à force de porter ses valises d’un continent à l’autre. Il est le seul à ramener dans le giron du PS ceux qui depuis longtemps l’ont quitté, dégoûtés par les formules creuses et les promesses non tenues. A ce titre il mérite qu’on l’encourage, qu’une frange importante de l’électorat lui montre qu’il est dans le vrai, qu’il représente une alternative et que nombreux sont ceux qui sont prêts à le suivre.

 

C’est ainsi qu’on prépare la relève, qu’on se fixe un avenir et qu’on construit une espérance.

 

 

 

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