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02 septembre 2011

Les sentinelles.

 

Tous les pouvoirs, qu’ils soient de droite ou de gauche, aiment le secret. Il y a une façon publique de gouverner un pays et puis, derrière le rideau, une façon secrète que le citoyen ordinaire doit ignorer. Comme au théâtre il y a la scène sous les feux des projecteurs puis la pénombre des coulisses. Et ce qui se passe en coulisse est toujours plus important que ce que l’on peut regarder sous la rampe.

 

Bien sûr le secret est en partie nécessaire dans des domaines précis comme l’activité militaire, les enquêtes criminelles, la diplomatie, ou le renseignement qui garantit la sécurité du territoire.

 

Mais certains politiques profitent des cercles fermés où se prend la majorité des décisions, pour se livrer à des manipulations douteuses ou même franchement illégales, quand ce n’est pas, comme on l’a vu dans le passé, criminelles.

 

Rien de ces débordements frauduleux ne serait exposé au grand jour s’il n’y avait les sentinelles de la démocratie et de la morale. Heureusement, grâce à elles le pouvoir, qui se veut hermétique, est percé de trous comme un gruyère.

 

Qui sont ces sentinelles ?

 

Des citoyens comme vous et moi, mais suffisamment bien placés dans les sphères du pouvoir pour être au courant de ce qui s’y passe : hauts fonctionnaires, chefs de service, militaires de haut rang, magistrats et même, plus souvent qu’on ne pense, agents des services secrets.

 

Ces personnes-là ne sont pas toutes servilement dévouées à leur supérieur hiérarchique ou à la majorité politique du moment, ni attachées à tout prix au bon déroulement de leur carrière. Elles ont le plus souvent une haute idée de l’éthique, de l’honnêteté, de la morale républicaine  et donc, par voie de conséquence, de la démocratie. Aussi, quand elles sont trop écœurées par certains dossiers, elles les balancent à la presse indépendante.

 

J’exclurai bien entendu de l’honorable société des sentinelles ceux qui font ça pour abattre un rival encombrant ou pour de l’argent.

 

Claude Angéli, l’un des deux rédacteurs en chef du Canard Enchaîné, confessait récemment, sans citer de noms, que là se situait essentiellement sa source d’information sur les affaires rocambolesques que le journal a publiées.

 

Il faut reconnaître que jusqu’ici le tandem informateur- information a bien fonctionné puisque la plupart des activités louches, volontairement enfouies dans la vase, sont remontées en surface.

 

C’est justement ce qui inquiète Sarkozy qui, détournant de leur charge habituelle certains services de l’Etat, a organisé à son profit ou à celui de son parti, quand ce n’est pas de son ménage, la chasse aux informateurs de proximité.

 

Ainsi, grâce aux « fadettes », ces petites factures des communications téléphoniques, la sécurité du territoire est en mesure de débusquer les informateurs  qui téléphonent aux journaux.

 

J’observe un peu partout des défilés qui se forment pour une parole malheureuse à connotation raciste qui dérange certes, mais qui est vite oubliée.

 

J’en vois moins malheureusement pour condamner une atteinte grave, essentielle, fondamentale, à la démocratie.

 

Car les sentinelles de la transparence nous sont indispensables à nous pauvres citoyens ignorants. Elles sont indispensables à la démocratie. Non ! grâce à elles, le pouvoir ne peut pas tout se permettre. Et, si elles ne peuvent pas empêcher toutes les dérives, au moins sont-elles un frein aux politiques interlopes, heureusement ultra minoritaires, enclins à emprunter les chemins pavés de l’enfer.

 

Sentinelles ! continuez de surveiller les malhonnêtetés, d’où qu’elles viennent, nous sommes avec vous ; vous êtes partie prenante de la liberté de la presse !

 

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