MXX37
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

21 août 2011

Hélas! Depuis qu'on en parle...

 

Dans une bonne ville de France, qui pourrait être la vôtre ou celle de votre proximité, un fait divers peu reluisant scandalise la presse.

 

Une nonagénaire est prise en charge par les urgences de  l’hôpital local en pleine détresse respiratoire et aiguillée en service oncologie. Le diagnostic est malheureusement connu : cancer des poumons.

 

On l’intube, on la met sous morphine et cortisone. L’affaire serait malheureusement d’une douloureuse banalité si la famille n’avait été priée de reprendre la mamie sous quinzaine. Pas de soins palliatifs ou alors dans le privé. Mais, débordés, ils sont lents à intervenir.

 

Voilà où nous en sommes, quant à notre si brillant système de santé, à la suite de la fameuse règle : «  un départ à la retraite sur deux non remplacé ».

 

Conseil de l’Ordre oblige, le chef de service contacté par un journaliste s’en tire comme il peut : « Il s’agit d’une dame effectivement rentrée chez elle, qui va bien. Nous avons fait notre travail et sommes tenus au secret professionnel. »

 

Rien n’est dit dans cette citation ; mais aussi tout est dit entre les mots, entre les lignes, avec cette expression forte : « qui va bien ».

 

Je sais ce que je répondrais pour mon cas ou l’un des miens.  A quoi bon « aller bien » quelques jours, quelques heures, au terme d’une longue vie, si c’est au prix de la souffrance sans espoir, de la déchéance. C’est toujours le même débat, tranché en catimini par les membres du corps médical les plus courageux.

 

Je ne connais pas, ni ne veux connaître, les convictions profondes d’une famille affectée à l’idée de perdre un être cher. Je les respecterais même si elles n’allaient pas dans le sens de ce que je pense. Je note simplement que le service public de santé n’a plus les moyens d’assurer ce que la loi nous impose et que l’on préfère hypocritement laisser agir certains médecins plus humains que d’autres, à condition qu’ils ne se fassent pas prendre.*

 

 

 

*Voir le site : Mes opinions.com pour, si vous vous rapprochez du parti des « Indignés » un soutien éventuel au docteur Bonnemaison.

 

Les commentaires sont fermés.