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08 août 2011

Ah! Ah! Ah!

 

La pancréatite aigüe est une affection très grave. Le suc pancréatique empêché de s’écouler par un calcul du cholédoque remonte vers le pancréas qui s’auto digère. C’est infiniment douloureux et, sans diagnostic rapide, à terme, mortel.

C’est un peu ce qui arrive ces temps-ci au régime capitaliste que son intempérance et sa folie conduisent à s’autodétruire de l’intérieur.  Un brin masochiste, il a créé ingénument les fameuses agences de notation qui aujourd’hui rongent sa coquille. Les pays mal notés pour la mauvaise gestion de leurs finances, sont un à un envoyés à la trappe et priés de se dépouiller. Qui aurait pu penser que la première puissance du monde qui jadis conquit la lune, serait victime de la règle de trois A ?

C’est fou et ce serait à la limite d’un comique jouissif si ce n’était si grave pour le menu peuple qui, on le voit en Grèce et en Irlande, est toujours appelé à régler la facture de la gabegie des puissants.

L’économie mondiale et le bon sens n’obéissent pas aux mêmes lois. Les erreurs de la première sont si grossières que, pour tout homme doué d’un minimum de raison, elles sont presque du niveau enfantin.

Voilà un pays communiste, la Chine (même si son communisme s’éloigne de la pureté maoïste), immense, riche de ressources minières, en plein développement, qui au lieu de distribuer à ses travailleurs le surplus de leur productivité annuelle, s’en sert pour financer le train de vie exorbitant du pays le plus capitaliste de la planète. Il vaut mieux ne pas citer les chiffres des sommes faramineuses prêtées alors même que certains de ses paysans en sont à labourer dans les rizières à la charrue en bois tirée par des bœufs zébus.

Voilà un pays, les Etats Unis, dont le dollar triomphait sur toutes les places financières, réduit à faire la manche pour survivre, comme un gueux des grands chemins et à manger la laine  sur le dos  du travailleur chinois. Aussi, à dollar malade, économie mondiale en nausée. Et les docteurs de tous les pays, affolés, de se précipiter pour amener leur perfusion.

Et maintenant, puisque le grand maître, que dis-je, le modèle, le super eldorado, est touché en plein cœur, à qui le tour ?

L’Italie, l’Espagne, le Portugal, qui s’inquiètent à juste titre ? La France, que maladroitement on berce et on rassure mais qui n’est plus du tout rassurée ?

La France si brocardée pour ses mesures sociale, pour son économie assistée, pour son secteur public dont les technocrates européens veulent la peau. Si la France tient le coup, c’est bien grâce à ces mesures de « Gôôche » dont on faisait les gorges chaudes. Si bien des jeunes ménages aujourd’hui ne sombrent pas c’est parce que leur viennent en soutien les retraites de leurs parents voire de leurs grands parents, dans leurs moments difficile. La France de gauche d’hier sauve la France de droite d’aujourd’hui.

En France finalement, malgré les dérapages qui s’accentuent sur les laissés pour compte, il fera encore bon vivre du moins tant que les têtes pensantes de la Sarkozie n’auront pas totalement détruit le matelas social qui nous protège encore en nous tenant éloignés, tant bien que mal, des excès d’un capitalisme corrosif.

 

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