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13 juillet 2011

Les primaires sont primaires.

 

Pour éviter toute fausse note, j’irai, dans la mesure où leur organisation est claire, voter aux primaires. Ce sera pourtant sans grand enthousiasme, car je suis contre le principe des primaires dans les partis politiques.

Le PS a élaboré son programme (plus ou moins bien : là n’est pas la question), c'est-à-dire qu’il a fait l’effort de réunir ses instances pour, en compagnie d’experts de toutes les spécialités, mettre au point ses engagements s’il venait à gouverner. Des choix ont été faits, des orientations ouvertes, des possibilités de financement avancées. Enfin deux votes ont eu lieu pour approuver ce texte : dans les instances dirigeantes d’abord, au niveau des militants ensuite.

Le PS a donc tout fait pour être prêt le jour de l’ouverture de la campagne. Tout, sauf peut-être l’essentiel, le choix d’un candidat, ce qu’il aurait dû faire de longue date.

Il paie indéniablement le prix de n’avoir pas su faire le ménage chez lui, de n’avoir pas trouvé les ressources pour faire émerger à temps un leader. Il paie aussi une opposition lénifiante à coup de formules incantatoires, mais sans jamais s’appuyer sur des idées neuves.

C’est pourquoi tant de candidats vont s’écharper pendant quelques mois avant les primaires, vantant surtout leurs propres mérites, mais sans trop se réclamer du programme de gouvernement alors qu’ils devraient se porter garant de son application.

C’est ici que le jeu de fausse piste commence. En réalité le PS depuis les débuts de la Vème République n’a jamais pu se débarrasser de ce qui faisait le bonheur de De Gaulle : la personnalisation. Et de ce travers il n’a tiré aucune leçon. Pourtant les exemples qui ont conduit à l’échec sont significatifs.

En 2002, Lionel Jospin, comptant seulement sur son image de gestionnaire sérieux et compétent eut le malheur de déclarer que son «  programme n’était pas socialiste ». Un pavé qui troubla l’eau de la mare.

Cinq ans plus tard, comptant sur sa bonne mine et sur la faveur des sondages Ségolène Royal se lança dans le joyeux panachage du programme officiel du parti et du sien propre, si bien que les électeurs les plus avertis n’y virent que confusion.

Miroir, mon beau miroir !

Un parti politique est censé faire adhérer des électeurs à ses idées, non à des femmes ou à des hommes qui, à ce niveau, ont tous les capacités pour gérer un pays. Oui mais voilà, cela demande du temps, de la patience et du sérieux.

Qu’on le nie ou qu’on le déplore, le (la) candidat (e) désigné (e) à l’issue de ce combat tardif en sortira affaibli (e) ; la droite qui n’est pas à une opération nauséabonde près, ne va pas se priver de cultiver les aigreurs des camarades ennemis en soufflant sur leurs braises. On n’en voit que le début.

Le temps de recoller les morceaux et la campagne 2012 sera passée.

Saura-t-on au moins préserver la chance qui, une fois de plus, et comme elle le fût les deux fois précédentes, paraît offerte sur un plateau ?

 

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