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02 juillet 2011

Le pigeon du doute...

 

Les plus exaltés ont parlé de tragédie grecque, de drame shakespearien, de chute de l’empereur. Les plus modérés ont parlé d’un fait extraordinaire, incroyable, inouï, incompréhensible. Et chacun de se pincer pour ne pas croire rêver.

 

Un viol ! Et si c’était tout bonnement une affaire de pigeon ?

 

On a beau être parmi les dix hommes les plus puissants de la planète on n’en est pas moins homme  par ses faiblesses. Et une faiblesse extrême, immodéré, obsessionnelle, peut vous amener à vous comporter comme le dernier benêt du village.

 

Au vu de ce qu’il apparaît avec les dernières révélations du procureur de New-York j’ai peur que DSK ait été pris pour un pigeon.

 

Tant que DSK est resté cantonné dans ses activités politiques à l’intérieur de nos frontières, tant qu’il  s’est borné au mandat de  maire, de député, de ministre même s’il a fait figure de potentiel candidat à l’élection présidentielle, sa faiblesse pour les femmes n’était connue que localement, dans le microcosme parisien. Sauf si une improbable opportunité trop facile avait pu se présenter, il était trop risqué d’exploiter ce travers pour éliminer un concurrent de  2012. Le complot trafiqué se retourne trop souvent contre ses concepteurs.

 

Mais DSK est passé à l’échelon supérieur pour exercer sa prestigieuse activité à la tête du F.M.I. Dès lors, une rumeur à son sujet avait une résonnance  mondiale. Et, si l’intelligence et les compétences du premier directeur étaient planétairement reconnues par les gens sérieux, ses défauts l’étaient aussi, mais cette fois par des gens bien moins recommandables. Si l’on ajoute le climat détestable d’une précampagne électorale qui a servi de caisse d’échos mille fois amplifiés par internet, on peut comprendre que des esprits malsains aient flairé la bonne affaire.

 

Faible par les femmes des autres, riche par la sienne, il n’en faut pas plus pour monter un sale coup. C’est du même ordre qu’une prise d’otage.

 

Dans un premier cas on donne au pigeon le blé qu’il demande, dans une deuxième étape on met en œuvre la stratégie pour le plumer.

 

Il ne m’étonnerait pas, si l’on veut bien rendre public un jour la conversation téléphonique entre la femme de chambre et son contact en prison, que l’on découvre que celle-ci est le maillon actif d’une organisation mafieuse.

 

La hâte mise par la justice américaine à redresser la barre est à cet égard édifiante.

 

Mais que l’aigle du FMI ait été pris pour un pigeon, voilà qui ne va guère rétablir son prestige, ni faciliter son retour en grâce que des amis fébriles et trop pressés souhaitent ardemment. A moins que les Français aient le cœur attendri par celui qu’on avait cru bourreau et qui n’était en fait qu’une très ordinaire victime.

 

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