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27 juin 2011

La téléréalité.

 

L’installation d’un poste de télévision dans chaque foyer fut un phénomène majeur de cette fin de vingtième siècle ; phénomène que, de nos jours, les réseaux internet prolongent et amplifient à l’excès. Nous sommes devenus, toutes générations confondues, dépendants de l’image. 

L’image, pourtant si fugitive, est maintenant le vecteur de notre information, de notre opinion, de notre culture, de notre comportement social. Elle s’est imposée si vite à nous, que nous n’avons pas eu le temps de nous y préparer en mettant dans les têtes des filtres pour séparer la réalité de l’illusion. Car comme la langue d’Esope elle est la meilleure et la pire chose qui soit à notre disposition sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. 

Ainsi qui se préoccupe du traitement de la violence par l’image et de l’impact qu’elle peut avoir sur les esprits faibles ? La télévision a, de la violence, une conception quasi moyenâgeuse. Elle en fait, trop souvent hélas ! une fin en soi, un élément indispensable à tout homme qui agit et veut être influent. 

Je ne parle pas de la violence à l’échelle internationale, qui est le lot inéluctable de l’information depuis que le monde est monde, celle-ci n’intéresse qu’un public d’initiés. Non ! Je parle de la violence qui s’adresse surtout aux jeunes ; de celle qui s’étale dans les fictions, dans les films, dans les feuilletons et par extension dans les jeux vidéo. Tuer, est devenu une chose banale. J’irai plus loin, une chose facile, dont certains ne savent plus si elle est du domaine de la fiction ou de la réalité. 

Un enfant de six ou sept ans à qui des parents inconscients (il en existe plus qu’on ne croit)  laissent regarder la télévision pendant cinq à six heures par jour, peut y être confronté à plusieurs dizaines de crimes ou de morts violentes, de combats meurtriers au revolver et au couteau. 

En effet la télévision ne sait pas nous raconter une histoire autrement que par des actions qui imposent toujours la loi du plus fort, et ou la vie humaine est bon marché. La violence se présente alors comme le moyen radical, le seul, qui permette de régler ses problèmes, de libérer sa colère ou son ressentiment. A la place de la raison, la rage ; à la place du dialogue, des coups. 

Rien d’étonnant donc que des adolescents fragiles, tout imprégnés de cette façon d’user de la violence, s’en servent sans discernement et surtout sans avoir conscience des conséquences, au regard des motifs futiles qui l’ont engendrée. 

Le meurtrier de Carla, devant son collège, ruminera longtemps, toute sa vie peut-être, des effets catastrophiques de ses deux coups de poing mortels. Comment se reconstruire quand on a donné la mort pour si peu ? 

 Autrefois, à l’école, on construisait des valeurs morales autour d’un texte que, suivant les niveaux scolaires on empruntait à La Fontaine, à Montaigne, à Camus, ou aux philosophes grecs. Mais le temps n’est plus où l’on enseignait la sagesse. 

Alors, puisque  une forte proportion de nos enfants ne sait ou ne veut plus lire, adaptons-nous ; que l’école se préoccupe donc de démystifier l’image, d’apprendre à la regarder d’un œil critique au lieu de la subir, ce qui, à moins d’être aveugle, est à la portée de tout le monde.

 

 

 

 

 

 

 

14:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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