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21 avril 2011

A Tours, l'Histoire joue de mauvais tours.

Les gens peu informés de la chose politique, croient souvent qu’un parti politique est un bloc monolithique composé de militants animés tous de la même foi, de la même pensée, de la même vision de l’avenir, de la même façon d’agir.

Or si le socle idéologique est commun à tous, un parti est avant tout composé d’êtres humains différents à bien des égards les uns des autres. J’irai même jusqu’à dire qu’il y a autant de façons de penser qu’il y a de militants.

Au sein  de leur formation ils arrivent pourtant à se rassembler en deux groupes bien distincts : les conservateurs (pas toujours modérés) et les rénovateurs extrémistes (les plus bruyants et souvent les plus dangereux).

Ces deux groupes organisés en «  tendances » ou « courants » n’arrêtent pas de s’affronter pour obtenir la direction du parti et, par voie de conséquence, se partager  les postes éligibles (députés, sénateurs, ou comme on va le constater bientôt la candidature à la Présidence de la République).

Ces affrontements qui ont lieu dans les congrès, ne sont jamais neutres. Ils sont parfois d’une extrême violence et laissent forcément des traces sous forme d’inimitiés qui vont jusqu’aux haines recuites. Ainsi, à quelques exceptions près, ces hommes et femmes qui vivent et luttent ensemble, ne s’aiment pas. Le seul ciment qui les réunit est l’ambition du pouvoir, sachant que l’individu évincé ou exclu du groupe n’a aucune chance, seul, de l’atteindre ce pouvoir..

A l’issu d’un congrès particulièrement pénible où l’on s’est joyeusement écharpé, il est de tradition que le vainqueur règle ses comptes en faisant dégringoler ses opposants au bas de l’échelle. Parfois une synthèse des idées où chaque camp se résout à faire des concessions, permet de limiter la casse.

Dans les cas extrêmes, lorsque progressistes et conservateurs, ont des divergences  telles qu’aucune action en commun n’est plus possible, ils se séparent : c’est la scission tant redoutée. L’Eglise elle-même a connu jadis cette épreuve.

Ainsi au congrès de Tours qui eut lieu du 25 au 30 décembre 1920, la SFIO (ancien nom du Parti Socialiste) se sépara en deux branches. Une qui, sous l’impulsion des jeunes devint le Parti Communiste, l’autre regroupée autour de Léon Blum resta pour garder la tradition « de la vieille maison » socialiste. Le Parti Socialiste actuel est l’héritier de cette dernière branche.

Hasard ou ironie de l’histoire, le 21 janvier 2011 le Front National a tenu son congrès exceptionnel …à Tours, presque cent ans plus tard. Bien entendu, comme c’est la règle, s’opposait la tendance dure, conservatrice, composée d’une mosaïque extrémiste avec quelques groupes ouvertement pétainistes, voire fascisants (salut hitlérien)  et la tendance « moderniste » menée par Marine Le Pen. C’est cette dernière qui l’a emporté.

Ce ne fut pas la scission, mais à voir la tête des vaincus, Marine Le Pen a intérêt à surveiller la branche sur laquelle elle est assise. Ces gens de sac et de corde ne lui feront aucun cadeau.

En bonne logique d’ailleurs elle commence à « couper » les têtes de ceux qu’elle estime peu fréquentables. Habilement elle ne s’en prend pas directement à Bruno Gollnisch,  elle descend son entourage.

Alexandre Gabriac candidat des cantonales qui fit le salut fasciste : exclu

Pierre Sidos, nostalgique du pétainisme, fondateur de « Œuvre française » et accessoirement de « Jeune Nation » et « Occident » en passe d’être écarté.

Olivier Vyssa, un autre proche de Gollnisch, se sentant menacé dénonce ( Cité par Rue 89, la revue d’information du blog) : « une véritable purge » et il poursuit : « Marine le Pen veut éliminer tout le monde et ne souhaite plus avoir de catholiques traditionnalistes et de pétainistes. Manque de bol je me trouve dans les deux cas. »

On le voit, il y a du beau monde au FN. Comme dirait l’un de mes récents contradicteurs : « Il n’y a qu’à ouvrir les yeux ».

Le pire est que si Marine un jour trébuche, ils finiront bien par l’emporter lors d’un congrès ou si par malheur elle gagnait la présidentielle, on pourrait bien les avoir comme ministres.

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