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12 avril 2011

Remember! Souviens-toi! (2)

                               Quand les gens ne savent pas lire.

Mein kamft (Mon combat) est un livre de 782 pages au style laborieux et indigeste que peu de gens ont lu jusqu’au bout. C’est bien dommage  que nul politique, que nul directeur de cabinet n’ait pris la peine d’en extraire les pensées perverses. Non seulement cela leur aurait fait dresser l’oreille mais cela leur aurait aussi fait froid dans le dos.

Seule la majorité du peuple allemand (contrairement à ce qu’on croit) a senti venir l’orage, mais ses élus républicains modérés, socialistes et communistes, n’ont pas su ou n’ont pas voulu s’unir pour faire front. Ils portent ainsi, par leur passivité ou leur complicité, la lourde responsabilité de ce qui s’est passé par la suite.

Car on ne peut en effet taxer Hitler d’hypocrisie puisque dans son ouvrage il a tout dit de ce qu’il ferait s’il parvenait au pouvoir. Et vu la psychologie du personnage, à la fois pétri d’ambition furieuse et de cynisme à toute épreuve,  bien des  esprits avisés auraient dû se douter qu’il irait jusqu’au bout de son délire.

L’espace vital :

Cette notion « d’espace vital » est à la base de toute la politique, de toutes les décisions d’Hitler. C’était chez lui une véritable obsession. Il estimait que l’empire des  Hohenzollern avait commis une erreur majeure en se lançant dans les conquêtes coloniales en Afrique alors qu’il y avait tant d’Espace à se saisir à proximité des frontières allemandes.

Une phrase d’une limpidité effrayante résume à ce sujet le fonds de sa pensée : « …la nature n’a pas réservé la possession de son sol à une nation ou à une race quelconque ; bien au contraire, ce sol deviendra la possession du peuple qui aura la force de le prendre… »

Hitler se pose donc dès le début en prédateur du sol des autres. Ce sera la politique de l’anschluss (l’envahissement et la confiscation des terres voisines : Autriche, Tchécoslovaquie, Pologne etc…)

L’Aryen est de race souveraine :

Hitler voyait le monde comme une jungle : « où chaque être se nourrit de l’autre et où la mort du plus faible permet l’existence du plus fort. » ou encore « le plus fort doit dominer, et non pas se mêler au faible  ce qui lui ferait perdre sa supériorité » ou encore « ceux qui veulent vivre, qu’ils combattent donc. Et ceux qui ne veulent pas combattre, ne méritent pas de vivre »

A partir de là, l’idée d’un peuple supérieur doué de volonté guerrière et de force coule de source. Et ce peuple élu de la nature c’est l’Aryen, l’homme grand, large d’épaules, blond, doué pour la conquête et qui écrasera les peuples inférieurs. La race supérieure est née et il faut l’améliorer et surtout la protéger.

Alors Hitler, sans complexe développe sa théorie :

« L’Etat populaire doit instaurer la race au centre de la vie et prendre soin de la garder pure…veiller à ce que seuls les individus bien portants aient des enfants»

Malheur donc à tous les faibles ou à tous ceux qui ne correspondent pas aux critères de pureté de la race des seigneurs !

Enfin Hitler expédie en une phrase sa conception du gouvernement de son pays : « La décision sera prise par un seul homme ».

Rêveries grossières, sadisme sans frein, cynisme stupéfiant, grossière mégalomanie, brutalité : il y a tout cela dans Mein Kampft. Il y a surtout l’ébauche d’un programme satanique qui porte en lui toutes les dérives et toutes les horreurs. Or personne n’a su le lire ou en tout cas ne l’a pas pris au sérieux, parmi nos diplomates.  Seul André François-Poncet  ambassadeur de France de 1931 à 1938, multiplia les rapports alarmants qui ne firent guère réagir le gouvernement français.

Hitler tissait sa toile. Des crimes abominables  se préparaient à l’échelle mondiale.

63% de l’opinion allemande rejetait Hitler mais était trop divisée pour construire une véritable opposition à la montée du nazisme. Une faiblesse majeure qui va se payer cher.

Après un premier échec à l’élection du Président de la République  le 10 avril 1932 qui voit l’élection du vieux Maréchal Hindenburg et le passage de deux chanceliers : Von Papen  puis plus tard le général Von Schleicher ( dernier chancelier de la République), le peuple allemand repousse le nazisme une seconde fois de plus le 6 novembre 1933. Les nazis perdent 2 millions de voix et 34 sièges de députés.

Manœuvres, coups bas, intrigues, menaces, le maréchal Hindenburg, homme âgé et fatigué n’eut d’autre ressource que de nommer Hitler (37% des voix à peine) nouveau chancelier.

Le maréchal-président crut tenir Hitler en ne tolérant qui 3 nazis sur les 11 membres de son cabinet et à des postes peu importants, mais le diable était déjà dans la maison. (à suivre)

 

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