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14 mars 2011

A eux les morts...à nous la trouille!

Je suis frappé par la dignité, le courage, la discipline et même la discrétion de ce peuple japonais devant l’une des plus épouvantables catastrophes de son histoire. Peu de larmes, encore moins de jérémiades ou de misérabilisme, pas de banderoles de protestations ou de chasse aux coupables. Il a compris que l’urgence pour lui était de faire front. Et l’urgence n’est même pas d’enterrer ses morts ou de relever ses ruines, mais de trouver la solution au risque nucléaire qui pour le coup, comme à Tchernobyl, devient un risque mondial.

Mais je suis frappé aussi du manque de pudeur, de compassion, de sentiment, devant tant de deuil et de misère dont certains de nos compatriotes font preuve à l’heure où il faudrait se taire et se recueillir.

Laissez-leur au moins le temps de rendre honneur à leurs morts avant de nous agiter la trouille !

Il me semble que c’est là  le premier mouvement du «  Cœur » qui devrait venir à « l’Esprit » ne serait-ce que pour rendre hommage à tant de victimes innocentes.

Bien entendu se recueillir ne signifie pas ne pas réfléchir et cacher sa tête comme l’autruche. Mais il y a un temps pour la compassion et un autre pour la réflexion, surtout quand on a, comme c’est notre cas, les pieds dans les pantoufles.

Tel commentateur doué pour l’humour parle, tenez –vous bien, de carence des techniciens nucléaires japonais « dans l’approche probabiliste », leur reprochant de n’avoir prévu qu’une résistance à des vagues de cinq mètres alors qu'il aurait fallu envisager le double de hauteur ; tel autre fustige « le nucléaire ou la bougie » ; un autre plus enflammé encore dénonce une « Mafia-énergético-nucléaire ! »

Enfin il y a ceux qui, dans un regain d’inquiétude qu’ils veulent nous faire partager, couvent de l’œil nos centrales nucléaires en prédisant leur prochaine explosion. Sarkozy a voulu nous faire peur avec les Roms, eux ne font pas mieux, ils profitent du malheur des autres pour élargir leur influence.

Fernand Raynaud, reviens ! Avec ton humour particulier dis leur, à tous ces donneurs de leçon, qu’on a bien compris que, devant « les œufs cassés », ils veulent nous vendre leurs « œufs pas cassés ».

Nous sommes bien restés le peuple des grandes discussions, des grandes résolutions, des grandes décisions, nous sommes restés en somme le peuple de la « Ligne Maginot » toujours prêt à construire des défenses qui ne serviront à rien. Nous raisonnons constamment en fonction de ce qui peut nous arriver et non en fonction de ce qui va nous arriver.

Et ce qui va nous arriver, n’importe quel paysan inculte du siècle dernier aurait pu vous le dire.

Il est toujours bon d’accompagner la nature, de la suivre dans sa complexité, pour en tirer profit. Il est exclu de la défier ou de l’affronter car, en dernier ressort, ses forces ne sont pas à l’échelle humaine  mais à l’échelle cosmique. La meilleure preuve, c’est qu’il est tombé samedi dernier sur le Japon l’équivalent de 10.000 bombes d’Hiroshima.

Lorsque le 26 juillet 1969, Neil Armstrong a fait son premier pas sur la Lune, les grands esprits ont déclaré : « Plus rien ne sera jamais comme avant ». Or non seulement tout est resté comme avant mais cela a été pire, car dans notre orgueil nous nous sommes crus invincibles.

Quand le Japon aura enterré ses morts, qu’il aura commencé à redresser ses ruines il sera peut-être temps de « penser » pour tirer les leçons du désastre.

Et il n’est pas nécessaire d’embrasser l’ENA pour appliquer deux principes essentiels : Respect de Dame Nature et retour à des principes de bon sens.

Nous avons mis sur pied tout un tas d’organismes internationaux qui ne servent pas à grand-chose. Il est urgent que les politiques prennent conscience qu’il nous faut impérativement un Organisme International de Gestion de la planète.

Quelle belle Utopie, me direz-vous ? Alors que nous ne sommes pas fichus de faire l’Europe. L’Europe telle quelle existe a son utilité, mais nous devons entrer dans une autre dimension. Ce sont toujours les rêves qui conduisent aux réalités. Et c’est pour ça qu’il faudra des militants plus déterminés que jamais pour les défendre et non d’obscurs porteurs de pancartes.

Qu’à la prise en compte du gigantesque problème, le gigantesque malheur des Japonais soit bon !

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