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10 mars 2011

Dégâts collatéraux des sondages !

A plus d’un an des élections présidentielles, les sondages sont à prendre avec beaucoup de prudence. Comment seraient-ils valables douze mois avant la date décisive alors qu’ils ne le sont souvent même pas quinze jours avant.

Cette remarque est valable pour tous les partis politiques et plus encore pour le Front National car beaucoup de sondés, vu la diabolisation qu’ils redoutent, hésitent à dire s’ils voteront Le Pen. Alors pour tenir compte du peu d’enthousiasme des électeurs à se déclarer d’extrême droite, on leur applique des coefficients correcteurs dont on ne sait comment ils ont été calculés. C’est un peu la technique aléatoire du doigt mouillé pour savoir d’où vient le vent.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas leur accorder la moindre importance, car ils sont malgré tout un marqueur des mouvements d’opinion. Ce qu’ils disent en gros aujourd’hui, c’est que, pour une large majorité de l’électorat, Nicolas Sarkozy est discrédité tant au plan personnel que par sa politique de gribouille.

Discrédité, il l’est certainement aux yeux des Français et, ce qui est encore plus cruel, aux yeux de ses plus fervents supporters. Les députés, élus dans la foulée des présidentielles, portés qu’ils furent alors par la vague bleue, commencent à douter du possible retour d’une victoire. Ils sentent au fil des jours leur fauteuil leur échapper. D’où l’inquiétude et le doute eu égard à leur champion. Sarkozy n’est plus Zorro. Il est devenu le Sergent Garcia (l’embonpoint en moins) dont tout le monde se gausse.

Comment, se disent les députés UMP, sauver encore ce qui peut l’être ? Comment éviter la bérézina ?

Dans leur esprit, même s’ils ont peur de l’affirmer, la conclusion est d’une redoutable évidence : il faut changer le candidat.

Il est à peu près certain qu’une bataille sourde mais féroce est en train de se jouer dans les rangs de l’UMP. On s’écharpe peut-être déjà en silence dans les sous-sols. Un vent de fronde souffle sur les braises. Ce n’est pas encore la panique, mais çà ressemble à son début.

Un signe ne trompe pas : Le fait que le premier ministre en personne, du haut de son perchoir, prenne la peine d’affirmer, haut et fort : « Que Sarkozy est le meilleur et le seul candidat possible pour la majorité » est une façon comme une autre de recadrer ceux qui murmurent de plus en plus perceptiblement :

1)    Qu’il « n’est pas le meilleur »

2)    Que Juppé pourrait être, lui, «  le meilleur d’entre-nous » et donc l’homme de la deuxième chance. Une façon comme une autre de pousser Sarkozy dans les orties.

A l’UMP, la guerre des chefs a déjà  commencé. Ils ne pourront pas la cacher bien longtemps.

D’ailleurs un important détail illustre cette décrépitude. Nous sommes en pleine élections cantonales. Il y a des milliers de candidats UMP qui battent la campagne dans l’espoir de se faire élire. Rares sont ceux qui se réclament de leur parti, plus rares encore sont ceux qui acceptent de se voir figurer à côté du Président Sarkozy sur leur matériel de propagande. C’est l’araignée du matin qui porte chagrin, le signe noir de la poisse. On n’en veut plus comme emblème. Quelle tristesse d’avoir honte de son porte drapeau !

On peut appeler cela les dégâts collatéraux des sondages.

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