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05 mars 2011

A la pointe de ...l'asperge!

 Le cuivre vaut de l’or. Alors les chercheurs d’or se sont reconvertis en voleurs de cuivre. Principale victime, la S.N.C.F. dont on arrache les câbles à longueur de voie et qui n’avait pas besoin de ça pour retarder ses trains.

   En attendant un coup dur et l’émotion prévisible de Sarkozy qui nous concoctera une nouvelle loi, son redoutable Secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani fait feu de tous bois. Il a chaussé ses bottes de sept lieues et traque les délinquants du cuivre sans relâche, avec une terrible efficacité qui ne laisse rien au hasard. Et de souhaiter «  que l’attention des Parquets soit attirée sur la nécessaire sévérité face à ce type d’infraction ».

   Pourquoi faut-il donc que le citoyen se moque de cet avertissement de haute et basse police ! Tant pis pour lui s’il se fait prendre !

A Trèbes, un gros bourg près de Carcassonne, situé entre le Canal du Midi de Paul Riquet et la voie ferrée à grand trafic de Napoléon III, un honnête retraité après avoir garé sa voiture, s’en va paisiblement, son panier sous le bras. Il s’appelle Basile et est connu pour son amour de la nature et du grand air :

-         Où vas-tu Basile ?

-         Je vais longer le Canal, je recherche les premières asperges sauvages. Si je n’en trouve pas ici, j’irai ailleurs.

Mais on est encore en hiver, les abords du canal sont humides et froids et l’asperge est frileuse. Basile ne veut pas rentrer bredouille. L’omelette aux asperges sauvages, c’est tellement bon !

Basile a son idée : au bord de la voie ferrée les pierres du ballast captent la chaleur propre à décider l’asperge à sortir de sa torpeur. Il quitte donc les bords infructueux de la voie fluviale pour garer sa voiture près de la voie ferrée moins bucolique mais plus prometteuse.

Tête baissée il chemine, s’agenouillant parfois pour cueillir un précieux filet vert. Pas de quoi faire une botte, mais suffisant pour parfumer l’omelette baveuse. Une joie simple dont ses ancêtres lui ont transmis le goût.

Mais stupeur ! Lorsqu’il regagne sa voiture. La maréchaussée est là, qui l’attend de pied ferme. Elle se présente pompeusement :

- Police nationale de la Société ferroviaire : vos papiers ! 

    Basile s’exécute, puis la sentence tombe :

« Monsieur, la traversée des voies est interdite, vous êtes en infraction. Vous êtes passible d’une amende de 75 €, nous vous dressons procès verbal. »

Basile ! Les asperges ont augmenté cette année ! Elles sont plus chères que le cuivre !

Merci  Monsieur Mariani ! Vous êtes en train de nous préparer une société où il vaut mieux être voleur de cuivre que cueilleur d’asperge.

Vous êtes bien à l’image de celui que vous représentez. Les grives vous échappent, alors vous attrapez les merles.

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