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17 février 2011

Conférence...entrons dans la danse.

Au lendemain d’une conférence de presse ou d’une séance de communication du chef de l’Etat à la télévision, les commentaires aigre-doux à l’égard des journalistes intervieweurs, sont toujours les mêmes : ce sont des moutons. Les plus durs les qualifient de laquais ou de cireurs de « pompes ».

Il ne faut pas s’en étonner. Tant que la communication du Président de la République se déroulera suivant le rite de la cinquième République, on ne doit pas s’attendre à mieux. Face au premier personnage de l’Etat, ses interlocuteurs seront toujours au garde à vous.

D’abord parce que ces gens qu’on qualifie de journalistes, le sont peut-être de par leur carte de presse, mais plus tout à fait en réalité, du moins dans la fonction qu’ils exercent: ce ne sont en fait que  des présentateurs de télévision. C'est-à-dire des généralistes.

Si l’on ajoute que le siège d’un présentateur de télévision est un siège particulièrement éjectable, on peut comprendre la prudence dont fait preuve celui qui est assis dessus.

Patrick Poivre d’abord naguère et Arlette Chabaud ces jours-ci, savent de quoi il retourne. Un mot qui déplaît au prince, une impertinence qui le froisse, et c’est la trappe !

De ce fait la communication du Président de la République se réduit à un exercice personnel et solitaire d’autosatisfaction, un déploiement de propagande qui nous éloigne de l’information que tout citoyen est en droit d’attendre dans une démocratie.

Etant donné la psychologie de Nicolas Sarkozy cela nous conduit même à la caricature. Il peut ainsi, sans crainte d’être contredit, affirmer comme paroles d'Evangile des contre-vérités grossières, sans crainte d’être contredit.

Ce fut par exemple le cas, quand il prétendit avec assurance que l’Allemagne tenait à son « bouclier fiscal » alors qu’elle ne l’a jamais institué que timidement avant d’y renoncer.

Il faut aussi un bel estomac pour déclarer sans broncher, qu’en matière de santé « les soins sont gratuits ».

N’a-t-il pas affirmé récemment, sur les questions de sécurité, que son objectif était  qu’il y ait sous peu 60.000 caméras d’observation installées en zone urbaine, alors qu’on en compte déjà plus de 350.000 ? Un journaliste spécialisé aurait pu le lui faire remarquer. De même qu’il aurait pu lui objecter que Nice, ville témoin, était suréquipée en installations de ce type, ce qui n’avait pas empêché quatre cambriolages successifs chez la pharmacienne niçoise présente sur le plateau.

Une occasion de codifier la communication du chef de l’Etat a été perdue lorsque Chirac fit voter son immunité pendant toute la durée du mandat. On aurait pu alors, à titre de compensation, demander la création d’un organisme de presse indépendant chargé de désigner, en fonction des thèmes prévus, les vrais spécialistes chargés de « cuisiner » le chef de l’Etat. La démocratie en aurait été sûrement confortée et la stature présidentielle grandie.

En attendant, à chaque conférence, on entre dans la même danse…du ventre !

Personnellement, il y a belle lurette, que je ne regarde plus ce cirque où s’agite toujours la même ménagerie.

14:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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