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29 décembre 2010

La violence d'une démocratie.

On croit toujours que seules les dictatures sont capables d’horreurs contre leurs peuples. Mais même la plus grande et vieille démocratie du monde, celle des Etats Unis d’Amérique, lorsqu’elle est déboussolée, est capable d’une violence qui fait froid dans le dos.

Quand on ne peut pas tuer les idées, on brise ou on tue les hommes qui les supportent.

Guantánamo, c’était hier, c’est aujourd’hui encore, une zone de non droit où 750 prisonniers sont détenus, au motif qu’ils sont ou seraient islamistes ; détenus sans acte d’accusation, sans jugement, à fortiori sans condamnation.

Dans toute démocratie, même le plus affreux criminel a droit à la justice. L’arbitraire créé par Georges Bush est bien un déni de démocratie.

Pire on avoue, pour le bien des peuples, y pratiquer la torture.

Guantánamo, c’était hier, c’est aujourd’hui encore ; mais qui se souvient des époux Rosenberg ?

Je vous renvoie à la chanson de Jean Ferrat : « Si nous mourons. » (Lettre d’Ethel Rosenberg à ses enfants).

     Ne pleurez plus, mes fils, ne pleurez plus,

Le monde entier saura le pourquoi du mensonge.

Le 19 juin 1953, dans la prison de Sing-Sing, Julius Rosenberg, ingénieur électricien de son état, est exécuté sur la chaise électrique ; quelques minutes plus tard, son épouse Ethel subit le même sort.

Les deux enfants orphelins seront adoptés par des amis courageux.

Quel crime impardonnable reprochait-on au couple ? Espionnage au profit de l’Union Soviétique, plus exactement livraison de documents secrets concernant la fabrication de la bombe atomique.

Sur la base de quelles preuves ? Aucune

Suivant quels faits avérés pouvant leur être attribués ? Aucun !

Ont-ils au moins avoué ? Ils ont jusqu’à leur dernier souffle clamé leur innocence.

Leur tort, leur seul tort, c’est d’avoir été communistes en plein délire Maccarthiste. On pourchassait alors dans tous le pays les communistes, comme autrefois les tribus indiennes. On les considérait comme des suppôts de Satan, des dangers absolus. Tiens ! tiens !..

Julius avait été licencié d’un poste stratégique pour délit d’opinion. Ethel avait été licenciée pour avoir organisé une grève de femmes dans son entreprise.

Deux coupables parfaits.

Il se trouve que le frère d’Ethel Rosenberg est confondu d’intelligence avec l’ennemi. Il va négocier ses aveux et la dénonciation de ses complices contre la vie sauve. Parmi une liste de noms il donne celui de Julius Rosenberg, son beau frère.

A partir de ce seul témoignage oral, mais sans preuve tangible, la machine judiciaire va se mettre en marche pour placer le procès sur les rails qui conduisent au couloir de la mort.

L’important n’était pas que les époux Rosenberg soient déclarés coupables, mais il fallait à tout prix que deux communistes le fussent. Au nom de la raison d’Etat. Au nom du sectarisme d’Etat.

Aucun espion n’avait été exécuté jusque là aux USA. Aucun de ceux que l’on arrêta, ne le fut par la suite.

Deux communistes le furent on pourrait presque dire « pour l’exemple ».

Même si notre République à nous a aussi du sang sur les mains, je la préfère encore à cette machine froide et implacable qui humilie ou tue des présumés innocents pour préserver un système économique, un style de vie, une morale rigide, le confort de ses nantis.

Seul le chanteur-poète a la faculté de tirer l’espoir d’un malheur et au cœur du sombre hiver, de rêver à des printemps qui chantent.

   Joyeux et vert, mes fils ; mes fils, joyeux et vert

     Sera le monde au-dessus de nos tombes.

 

Il rêve juste pourtant le poète. On tue les hommes, non leurs idées, même derrière les barbelés de la plus vieille démocratie du monde.

 

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