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22 novembre 2010

Rien n'est jamais acquis.

A ceux qui voient déjà Sarkozy battu, je dirai qu’il reste encore dix huit mois avant la principale échéance électorale. Ce temps est suffisant pour retourner une opinion. Et puis, il faut se méfier terriblement des sondages.

  Entre l’expression d’un avis qui ne prête pas à conséquence dans un sondage et l’expression dans l’isoloir qui, elle, engage pour cinq ans, il y a une différence fondamentale : le choix d’un homme ou d’une femme pour la plus haute fonction de l’Etat.

 Et ce choix, qui semble d’un abord simple, est d’une complexité si difficile à saisir que même les agences de communication des candidats ont du mal à définir leur stratégie.

On croit généralement que le choix des électeurs se fait en fonction d’une appartenance politique, d’un programme, d’une aspiration à voir évoluer son pays et que la personnalité du candidat intervient en dernier ressort.

C’est vrai pour une grosse tranche de l’électorat, celui qui se tient au fait de la chose politique ou qui milite dans un parti ; ce n’est pas vrai pour un pourcentage de plus en plus important d’un électorat mouvant, instable, sans culture politique réelle, qui peut changer de camp en fonction de l’humeur du moment, de l’impact d’une campagne réussie ou non, et surtout de la personnalité de celle ou de celui qui brigue leurs suffrages.

Or c’est ce dernier électorat,  plus sensible à une image qu’à une politique, qui n’aime ni les appareils, ni les programmes figés et convenus, qui fait la différence. Il aime surtout les personnages atypiques, libres des contraintes des partis, dégagés de la pensée unique. Il vote presque toujours au coup de cœur.

Pour prendre un exemple récent : le succès étonnant des verts aux dernières Régionales ne s’explique que par la présence de la forte personnalité de Cohn-Bendit. Ce fort en gueule impressionne favorablement. S’il lui venait la fantaisie de se présenter il poserait un sérieux problème.

C’est François Mitterrand qui le premier avait fait les bons comptes. Dans une France qui se situe à droite, la gauche ne représente que 42%. C’est bien loin d’une majorité. Les huit ou neuf pourcent qui manquent pour se faire élire, ce n’est pas un parti politique qui peut aller les chercher, mais une femme ou un homme qui se sera affirmé(e) .

La gauche en général et le PS en particulier commettent donc une erreur majeure en ne choisissant pas d’urgence un candidat pour lui laisser le temps de s’imposer à l’opinion en personnalisant, je dirai presque en concentrant, l’opposition à Sarkozy. A moins qu’ils attendent, qu’ils se résignent à la candidature de Strauss-Kahn. Si c’est le cas nous nageons en pleine hypocrisie.

De toute manière plus le PS attend, plus il va se diviser dans de multiples candidatures qui seront autant de chapelles prêtes à s’affronter. Après les primaires, quand la bataille aura fait rage, comment gèrera-t-on les cicatrices et les aigreurs ? Je crains hélas le pire.

Je vous le dis, ce n’est pas gagné !

Commentaires

La gauche pourra etre battue par la gauche, c'est un grand classique de l'arrivisme de chacun, quand un patron manque dans une équipe elle n'est jamais soudée.
Seuls Stauss kahnn peut sauver le PS tout comme aurait put le faire Jacques Delors à l'époque. Espérons que celà ne finisse pas de la même façon, retenons les leçons de l'histoire...politique
Laurent

Écrit par : laurent | 26 novembre 2010

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