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15 novembre 2010

Les rats.

Le rat n’est répugnant que parce qu’il vit dans des endroits répugnants. A cause de ses puces, il est accusé d’être le vecteur de nombreuses maladies dont il peut  d’ailleurs, comme pour la peste, être la première victime.

Ceci mis à part, c’est un animal intelligent, rusé et à l’instinct grégaire très développé. Il voit loin et sait éviter les hommes tout en vivant parmi eux. Il ne se jette pas stupidement sur la nourriture empoisonnée qu’on met à sa disposition. Il désigne toujours un « goûteur » qui ne doit pas mourir, sinon il ne se met pas à table. Cette seule astuce rend difficile son extermination.

La Fontaine, dans ses fables, en a fait un animal tellement doué de raison qu’il l’a choisi pour figurer certains hommes dont il n’osait, par prudence de courtisan, critiquer ouvertement les comportements.

Sans avoir son talent, je prendrai les méthodes de La Fontaine. J’observerai le mouvement des rats dans le nouveau gouvernement.

Vous avez noté comme moi que certains rats quittent le fromage ; d’autres en sont chassés ; d’autres y restent bien au chaud; d’autres y sont rentrés ; enfin d’autres refusent d’y entrer.

A priori rien de bien cohérent dans tous ces comportements. Comment des animaux d’une même espèce, que je viens de décrire si avisés, peuvent-ils avoir des comportements si différents ?

Pour répondre à cette difficile question, il est nécessaire de se livrer à une analyse approfondie, à la lumière de ce qu’on sait du royaume des rats.

Le roi des rats a voulu, à force d’inimitié, changer de premier ministre. Mais ce dernier, dopé par les sondages, a vu ses chevilles enfler ; de ce fait il n’a pu, selon lui, passer par le trou. Le faux ami est resté dans la place. Aïe !

Non content de s’imposer par son sans-gêne, il a bataillé pour imposer aussi un rat des champs qui se fait appeler le Duc de Bordeaux. Mauvaise pioche. Il est d’une impertinence rare, ce duc ! Hier encore, ne tirait-il pas la queue, ne chatouillait-il pas les moustaches du roi, à propos des souris de Roumanie ? Depuis la Guerre de cent ans, tous des ambitieux, ces ducs de Bordeaux ! Ils ont une façon toute particulière de lorgner le trône. Aïe ! Et de deux.

Une qui s’accroche, c’est la rate, duchesse basque nommée MAM. Elle a la dent si dure qu’un journal satirique l’a surnommée MIAM-MIAM. Le roi l’a bien mise aux affaires extérieures ; au moins tout le temps quelle voyagera, elle n’encombrera pas le paysage. Mais avec ses manières félines, avec les miaulements doucereux de sa voix, elle fait penser à une chatte infiltrée chez les rats. Elle est fort capable de ronger le fromage depuis l’extérieur. Pas rassurant cela, et de trois !

Passe que le baron Morin agite son épée rouillée: à la tête de l’armée il n’a pas su gagner ses galons ; mais que le fou du roi, Borloo, s’échappe sans tirer sa révérence, voila qui dépasse l’entendement. Lui qui voulait de l’ortolan, ne s’est vu offrir que du merle. Pris d’un soudain coup de sang, il s’est retiré dans les égouts d’où il rameute déjà le peuple de l’ombre. Pourvu qu’il ne s’allie pas avec les taupes ! Et de quatre !

Mais le pire de tous est le baron de Maux. On a eu beau lui faire des signes aguicheurs, lui dérouler un tapis de velours, il a préféré rester dehors, les pieds dans la boue. Un sans domicile fixe au ton patelin qui se déclare prêt à « mourir pour ses idées » mais, comme dirait Brassens, « de mort lente ! ». Un rat particulièrement rusé qui regarde manger le roi avec le secret espoir qu’il en mourra. Et de cinq !

Cher lecteur tu vois bien que malgré leurs différences, les comportements de tous ces rats ont un lien commun : « la clef à molette ».

« La clef à molette ? »

« Oui pour déboulonner le trône ! »

Le roi a intérêt à attacher sa ceinture de sécurité. On n’est jamais plus sûrement viré que par les siens.

Foi de ratichon !

 

 

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