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24 octobre 2010

L'empereur.

Georges Frêche est mort, cet après-midi, semble-t-il brutalement, d’une crise cardiaque.

C’est sa première vraie défaite et sa dernière.

Tant par son apparence physique, sa carrure imposante, que par son vocabulaire musclé, ses phrases assassines, il avait tout du bulldozer qui fait table rase devant lui.

A ce titre on le croyait indestructible. La mort aura eu le dernier mot sur lui. Il n’y avait qu’elle d’ailleurs qui soit en mesure de « la lui faire fermer. »

C’est  le dernier grand de la politique-spectacle qui s’en va et, paradoxalement, lui, le plus bruyant, le plus tonitruant, le plus remuant des tribuns, part avec la discrétion d’une violette.

Demain bien des hypocrites, ceux qu’il a malmenés et parfois humiliés, vont raser les murs pour cacher leur soulagement. Car l’homme était haï avec une férocité qui n’avait d’égale que la sienne. En politique moins qu’ailleurs il ne supportait pas la mollesse, le manque de courage, la médiocrité, l’incompétence, et le faisait savoir.

Sa mégalomanie poussée au plus haut point n’était pas chez lui qu’un défaut. Si l’on excepte quelques médiocres foucades, quelques paroles déplacées qui n’étaient en aucun cas ni le reflet de sa politique, ni même de sa pensée intime, Montpellier ne serait pas devenue ce qu’elle est devenue sans la passion de l’extrême qu'avait celui qui en fut maire si longtemps.  

Un journal du blog a fait son tître : « l’empereur de Languedoc-Roussillon est mort. »

Oui mais un empereur du suffrage universel, même si son habileté allait jusqu’à en jouer avec une sorte de jouissance intellectuelle.

A un journaliste qui lui demandait le secret de son succès il répondit aussitôt :

« Et si les gens m’aimaient…ça vous la coupe ! Ah !... »

Ce soir, demain, en Languedoc-Roussillon, bien des « cons » vont pleurer.

A Paris, comprenne qui pourra.

Note: Je prie mes lecteurs de bien vouloir m'excuser d'avoir employé dans mon texte initial un mot indécent: joie, dans "cacher leur joie". Je l'ai immédiatement remplacé par "soulagement", mieux approprié.

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