MXX37
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

16 octobre 2010

L'Histoire ne s'efface pas...Elle continue.

Quiconque méprise le  passé, est appelé à le revivre.

 Nicolas Sarkozy nous avait pourtant assurés qu’il allait effacer, d’un coup, d’un trait, les effets et les influences des évènements de mai  1968. Cela avait beaucoup plu à l’électorat ultraconservateur.

Encore une promesse que notre malheureux président ne pourra pas tenir. Car le voici quasiment au bord du gouffre, face à une situation des plus délicates sinon d’une extrême gravité.

Ce n’est pas mai 1968, bien sûr, et il est probable que les évènements n’iront pas si loin, mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce qui se passe y ressemble.

Si la retraite est le moteur des manifestations, le motif essentiel du mécontentement, elle n’est pas que cela. Il semble qu’elle soit aussi, cette retraite, la grosse goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour dépasser la timide action syndicale du début.

La jeunesse de 1968 était opulente, choyée par l’amélioration du niveau de vie et le progrès technique ; on peut même dire qu’elle étouffait dans le bien-être, au point de réclamer de la liberté, de l’air pur et de l’espace. Elle était en révolte contre une société archaïque qui la maintenait dans un système usé.

La jeunesse aujourd’hui n’est plus dans la même ambiance. Témoins des difficultés vécues au quotidien par leurs parents, les jeunes mesurent combien leur horizon est bouché, leur avenir incertain et leur espoir de s’insérer dans la société, compromis. Ils mesurent aussi le clivage qui s’affirme chaque jour d’avantage et avec plus d’arrogance, entre les riches et les pauvres, les privilégiés et les exclus.

Peu leur importe que ceux qui nous gouvernent soient de droite. Sauf quelques meneurs, probablement plus impliqués, eux ne marchent pas à l’idéologie. Ils marchent à l’instinct. Ils n’ont pas besoin qu’on les appelle, ils viennent spontanément. Avant de réfléchir, ils expriment d’abord ce qu’ils ressentent. Ils sont à un âge ou on ne supporte pas l’hypocrisie et le mépris. Et ce n’est pas l’image d’un chef d’Etat parti quérir un chapelet à Rome, plus soucieux de sa réélection que des problèmes de son pays, qui leur redonnera quelque assurance.

 Ce n’est donc plus la liberté que les jeunes cherchent, mais des repères, des assurances pour le lendemain, un peu plus d’ordre économique et de justice, la prise en compte enfin par les adultes de leur situation.

Pour eux la retraite est bien loin. Elle n’est en fait que le prétexte à exprimer un malaise confus, l’inquiétude des mauvais jours qu’ils pressentent.

En considérant ce phénomène de la rue comme un chahut organisé, comme le résultat d’un appel  politique ou partisan, la droite se plante une fois de plus. Elle fait encore la démonstration, qu’elle ignore tout du peuple dont elle a la charge, qu’elle vit dans la bulle des  situations acquises, des amitiés de caste, qu’elle souffre de la cécité des nantis.

A  travers tant de contre-exemples, que je n’aurai pas la cruauté de rappeler ici, mais qui se sont multipliés, mois après mois, elle a montré avec une naïveté stupéfiante, qu’elle pouvait aller au bout de son égoïsme.

Reste une situation dangereuse, explosive, que le chef de l’Etat doit maintenant gérer. Des mômes chahuteurs sont dans la rue. La violence les guette. Il n’est plus temps de chercher des excuses, des prétextes, encore moins des arguments électoraux ou un faux apaisement.

Souhaitons que le Président de la République ait enfin un sursaut de dignité pour retrouver le chemin de la franchise, de l’honnêteté et de l’écoute. Bref, qu’il soit le représentant de tous, à commencer par les plus fragiles. On peut toujours rêver.

 

 

Les commentaires sont fermés.