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12 octobre 2010

Un peuple de braillards.

Le peuple défile, banderoles en tête, mécontent qu’on touche à ses retraites. Les lycéens braillent des slogans honteux qui devraient être sanctionnés : « Comme nous…Carla…se fait…b… par le chef de… l’Etat ! » (mais que font les parents !). La majorité doute, avant tout de même de manœuvrer telle un carré de soldats de l’armée d’Empire à Austerlitz.

Quel est ce peuple qui ne veut pas comprendre qu’on ne peut vivre éternellement sur les mêmes acquis ? Quel est ce peuple qui ne voit pas que les temps changent, qu’il faut évoluer et accepter nécessairement des réformes ?

Les Allemands l’ont compris, les Espagnols l’ont compris, les Anglais l’ont compris, les Suédois l’ont compris, et nous Français, du moins c’est ce que nous expliquent nos dirigeants, sommes bouchés puisque nous n’avons rien compris.

Pour expliquer la mauvaise foi de ce peuple à qui l’on botte les fesses, mais qui refuse d’avancer, je prendrai une comparaison culinaire.

Prenez un cuisinier sale, mal rasé et de mauvaise humeur. S’il vous prépare tous les jours une bouillie de flocons d’avoine sans assaisonnement, dans une assiette de propreté douteuse, la mangerez-vous ?

Il vous faut pourtant obéir à la nécessité de vous alimenter.

Eh bien, il faudra convaincre nos gâte-sauces du gouvernement, de procéder d’abord à une toilette morale pour moins sentir le fric, puis de s’initier à l’art de la table et surtout à la façon de présenter les plats.

La Suède a mis dix ans à digérer son plat de résistance sur les retraites. Pourquoi devrions-nous avaler le notre comme, autrefois, une cuillerée d’huile de foie de morue ou de laxatif ?

Voici, à un plus haut niveau, ce que Montesquieu a écrit dans « Grandeur et décadence des Romains ». A lire lentement et à méditer ; seulement ce qui est en italique pour coller à la réalité d’aujourd’hui, est de moi :

Un peuple peut aisément souffrir qu’on exige de lui de nouveaux attributs (sacrifices): il ne sait pas s’il ne retirera point quelque utilité (une meilleure retraite) de l’emploi de l’argent qu’on lui demande (allongement de la durée de cotisation) ; mais quand on lui fait un affront (le Fouquet’s, le yacht Bolloré, l’Affaire Woerth etc…), il ne sent que son malheur et y ajoute l’idée de tous les maux qui sont possibles (crise de confiance).

Ecrit il y a plus de deux cents ans, ce texte est toujours d’actualité. C’est la marque du génie exceptionnel d’un penseur, il ne vieillit pas. Mais comment Sarkozy aurait-il pu lire Montesquieu, lui qui nous mène à la décadence sans beaucoup de grandeur.

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