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08 octobre 2010

Les Roms mènent à Rome.

Quand on est croyant et qu’on a un gros péché à se reprocher, on court se confesser. Quand un chef d’Etat totalement agnostique, cynique, manipulateur, s’est mis à dos l’électorat catholique, il court à Rome.

Mais si le premier s’en tire avec une pénitence de quatre « pater » et deux « ave » avec la possibilité de recommencer, il n’est pas certain que le second retrouve dans sa démarche l’abondance des urnes, ni la bienveillance des gens de mitre.

Car le Pape, s’il n’a ni divisions, ni territoire, n’en reste pas moins un chef d’Etat qui a malgré tout un dogme catholique à défendre.

Par dogme, j’entends une liturgie, une philosophie, une morale, souvent lourdes de conservatisme.

On l’a vu dernièrement une fois de plus, à la violente réaction de la curie du Vatican à l’annonce  du Prix Nobel de médecine 2010. Non ! Robert Edwards n’aurait pas dû pousser l’impiété jusqu’à fabriquer des embryons humains dans des éprouvettes. Ce Galilée des temps modernes a porté atteinte à la toute puissance de Dieu. On ne devait pas le récompenser de la plus haute distinction, c’est profanation !

Pour ces gens là, la fécondation in vitro (en latin tout de même) qui concerne le bonheur de  plus de 10% des couples  dans le monde, a moins d’importance que les préceptes intangibles et sacrés de la Bible.

Dans ces conditions, il n’est pas certain que notre chef d’Etat Sarkozy s’en tire avec le Pape chef du dogme religieux, en récitant quatre « pater » et deux « ave ». S’il veut revoir à nouveau le sourire aux lèvres de l’épiscopat français, il n’a pas intérêt à faire seulement la génuflexion, mais de réelles concessions. Quelles concessions ? La Corse, le Conté de Nice ? Certainement pas.

Bientôt va venir en discussion au parlement français un problème beaucoup plus profond que celui des retraites et qui concerne plus encore notre avenir.

On va traiter dans nos assemblées de biotechnologie. La biotechnologie est une science récente qui travaille sur le vivant. Ses progrès sont foudroyants, ahurissants et, concernant l’intégrité physique et morale de l’homme, particulièrement inquiétants. La vie peut-être modifiée, manipulée par la génétique. On peut donc toucher à l’évolution de la vie, créer à volonté des  êtres aux caractéristiques programmées. C’est hallucinant. Le savant n’est plus l’homme de l’art qui cherche les moyens de guérir, il est devenu créateur.

C’est là que le bât blesse pour l’Eglise. Du préservatif qui empêche la procréation, à la manipulation du vivant qui aboutit à la création  hors du cycle naturel, elle est contre, même quand c’est bénéfique pour les individus. Car on touche au domaine de Dieu.

 

La France s’est toujours méfiée de la biotechnologie. Elle a jusque là opposé sa réglementation, (la bioéthique) aux dérives morales et commerciales que les nombreuses découvertes peuvent engendrer. Ce n’est que sagesse.

Or la biotechnologie n’a pas que des défauts. En dehors de sa dangerosité elle est porteuse d’espoir pour traiter les maladies génétiques, les dégénérescences organiques ou nerveuses, les cancers. L’introduction dans les corps malades de cellules « manipulées » ouvre à certains traitements des perspectives incroyables.

Il est donc impératif que la France, pour pouvoir bénéficier de nouvelles techniques de soins, rende sa réglementation plus souple. D’où le débat au parlement.

C’est ce qui tracasse le Pape. Le dogme ! Encore et toujours le dogme ! Si nous l’avions suivi à la lettre dans les temps anciens, nous en serions encore à chercher les bords d’une terre plate.

Il faudra bien que Sarkozy, s’il veut un pardon électoral, donne en la matière, quelques assurances. Seuls les spécialistes de la politique s’en apercevront peut-être, mais il ne serait pas étonnant que quelque amendement hypocrite sorti de la manche d’un député ou d’un sénateur ne vienne brider le progrès pour  faire plaisir au Pape.

C’est pour cela que depuis quelque temps Sarkozy fréquente les églises et prie dans les chapelles. Il cherche la voie pour sa foi chancelante et surtout ses voix pour 2012.

S’il est à cette peine, la faute en revient à quelques caravanes de Roms !

Pourvu qu’à cause d’eux, la messe ne soit pas dite !

 

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