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30 septembre 2010

C'est une honte!

  Ce n’est pas une nation, même pas un gouvernement, qui s’oppose à l’Europe, mais un homme qui prétend tout savoir, tout incarner, tout représenter. C’est Nicolas Sarkozy.

Or cet homme, réputé pour son inculture littéraire et artistique, vient cet été de démontrer avec éclat son inculture politique. Du moins en ce qui concerne l’Europe. Et sa violente réaction au sujet de la sévère réprimande que cette dernière vient de lui administrer montre qu’il n’a pas tiré les leçons de la fessée.

Encore une fois, c’est une question de bon sens, de mesure et de sagesse. Mais faut-il croire que l’agité de l’Elysée est capable de se retirer dans le silence d’un cabinet pour y méditer sur ses difficultés, ses erreurs, ses échecs et en tirer bénéfice ?

Depuis Charlemagne, en passant par Napoléon Bonaparte et Adolph Hitler, tous les rois, tous les empereurs, tous les dictateurs, ont voulu unir l’Europe ; mais en termes de puissance. Regrouper un maximum de territoires pour mieux dominer le reste du monde. C’est un rêve maladif qui nous a menés chaque fois à la guerre, avec les souffrances, les morts, les cruautés, dont l’histoire est pleine.

Cela explique que les pères fondateurs de l’Europe moderne n’aient eu qu’une obsession : regrouper un maximum de territoires pour établir, la plus large possible, une zone de paix.

 La meilleure preuve, c’est qu’on ne rentre pas dans l’Europe sur des critères économiques, mais sur des critères démocratiques et presque exclusivement sur ceux là. Aucun pays dont le gouvernement maltraite son peuple n’a chance de se voir accepté. Les efforts de la Turquie pour s’assagir et présenter bon visage montrent que cette exigence incontournable est du meilleur effet.

Si l’Europe ne devait être que cela, ce ne serait pas si mal. On compte bien les morts évités par le bon respect du code de la route, on ne pourra qu’imaginer sans pouvoir les compter, tous les morts que l’Europe aura évités aux nations en cultivant la paix.

Tout pays qui se place au sein de l’Europe obéit donc d’abord et avant tout à la règle communautaire qui n’est pas négociable : Démocratie, Liberté des peuples, Respect de la personne humaine ; surtout, si comme la France, c’est un pays fondateur.

Au moment de s’en prendre aux Roms, que le Président de la République dans la France de Jean Monet, de de Gaulle, de Mitterrand, n’ait pas su cela ou en ait fait fi, est proprement consternant.

Rien d’étonnant donc que l’Europe qui s’est sentie atteinte dans ses principes fondateurs ait réagi avec cette vigueur. Et voila la France mise au ban, sommée de revoir sa copie, mise en demeure de s’expliquer, je dirai presque de s’excuser. C’est ça qui est humiliant, c’est ça qui est une honte !

La diplomatie aura beau adoucir l’effet de ce désastre, notre prestige, notre influence chez nos partenaires, sont sérieusement entamés. Les traces de ce triste épisode resteront longtemps

Nous ne sommes plus en mesure de donner des leçons.

Plus je l’observe, plus  je suis persuadé que Nicolas Sarkozy n’est pas à sa place à l’Elysée. Le suffrage universel  s’est lourdement trompé. Il a porté au pouvoir un homme politique, nullement un homme d’Etat.

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