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24 août 2010

Le retour.

Ce n’est pas du retour des Roms, (qui, leur prime de départ en poche, se préparent déjà à revenir) dont je veux parler, mais du retour de bâton.

Dans son discours de Grenoble, Nicolas Sarkozy avait cru habile d’exciter la xénophobie du Français moyen qui râle constamment contre la présence « d’étrangers » sans pouvoir donner une définition exacte à ce mot. Il espérait ainsi, tout en mettant la gauche en porte à faux, faire oublier ses échecs et ses vilaines histoires.

On connaît la suite. Les Roms, gens du voyage, supposés mal vus de la population, allaient faire les frais de cette manipulation électoraliste.

Mais, même la France qui râle ne saurait consentir à un certain degré de honte. Le souvenir de ce qui s’est passé lors de l’occupation allemande, avec la complicité du régime de Vichy, est profondément ancré dans la mémoire collective, surtout quand il s’agit d’enfants. Or les Roms ont des enfants, souvent scolarisés, qui ne sont pour rien dans la disgrâce de leurs parents, mais qu’on renvoie pourtant dans la nuit des temps.

Quand on se prétend, pour la bonne cause, chanoine de Latran ; quand, à longueur de cérémonies, on s’est permis de lire, la larme à l’œil et les trémolos dans la voix, la lettre de Guy Moquet, quand on a cité Jaurès, on ne doit pas toucher à une minorité sous prétexte qu’elle serait un ferment de délinquance. Il y a un minimum de liaison à respecter entre la pensée énoncée en campagne et les actes commis quand on est au pouvoir.

Heureusement, le cynisme outrancier se retourne contre son auteur. C’est justice et plutôt réconfortant.

J’étais de ceux qui s’inquiétaient de la mollesse des réactions des partis de gauche. J’avais tort. La gauche, volontairement ou pas, n’est pas tombée dans le piège. Ses protestations, souvent incantatoires faisaient partie du jeu manipulateur. Elles étaient attendues avec gourmandise. Elles sont venues finalement du camp même de Sarkozy, ce qui leur donne un effet particulièrement dévastateur. Tel est pris qui croyait prendre. Sarkozy, seul au milieu du tir croisé de l’opinion publique, se voit réduit à laver son linge sale en famille.

On pense bien que Villepin n’allait pas manquer l’occasion de fustiger son ennemi intime, en terme sévères…ni Rachida Dati…tiens…tiens ! Souvenons-nous du regard noir de Rachida au moment de sa disgrâce.

Chez les catholiques pratiquants, qui sont le vivier naturel de l’électorat de Sarkozy, le désastre est total. Ce sont leurs plus hautes autorités religieuses qui font connaître leur désapprobation solennelle. Un allumé de la croix, dans une colère peu sainte, a même déclaré prier pour que la foudre divine s’abatte sur le pêcheur (de voix).

Le mouvement est lancé. A n’en pas douter, c’est la droite elle-même qui règlera le problème Sarkozy.

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