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24 juillet 2010

Ils avaient des armes, on leur ajoute un bouclier!

Toutes les lois sont faites pour être contournées. Ceux-là mêmes qui sont chargés de les voter sont les premiers à les bafouer. On le voit avec la constitution des micro-partis, cellules fantômes, partis politiques sans militants, chargés seulement de collecter des fonds de campagne électorale, qui permettent de multiplier par deux, par trois, voire plus, les possibilités de financement. Une tricherie légale. Contourner la loi que l’on a votée est un sport enrichissant. Bravo !

Donc, si les députés « s’arrangent » avec la loi, pourquoi  les grandes fortunes françaises, du moins celles qui ne sont pas au paradis, s’en priveraient-elles, elles qui ont les moyens de se payer les meilleurs spécialistes financiers ?

Le bouclier fiscal est bon à prendre. Mais elles n’ont pas attendu cette cerise sur le gâteau. Grâce à leur belle astuce elles ont mis en place un système  pour ne payer qu’un minimum d’impôt.

« Encaisser plus, pour payer moins ! ». Cet émouvant slogan prolétarien n’a jamais été entendu dans une manifestation. C’est qu’il est plus en vogue chez les riches que chez les pauvres. Et les riches, on le sait, sont gens discrets qui ne vont pas brailler à l’angle du boulevard.

« Encaisser plus, pour payer moins ! » Comment est-il possible de réussir ce tour de force ? C’est tellement simple qu’on a failli ne pas y penser.

L’heureux actionnaire à qui sont dus de forts dividendes de sa ou de ses sociétés, (100, 200,300 millions d’euros annuels et plus) ne touche jamais d’argent directement. Cet argent est versé à une Holding ou société fantôme (comme le micro parti) qui lui appartient. La holding n’a aucune activité sinon celle de recueillir la précieuse manne (et de la faire fructifier).

Comme la première société productrice du dividende a été imposée, on n’impose pas la holding, deuxième société, pour ne pas imposer deux fois. L’heureux actionnaire, par l’intermédiaire de sa holding, touche donc de l’argent sans payer d’impôt. Bingo !

Le fisc ne s’intéressera à cet argent que lorsqu’il changera de statut, autrement dit lorsque l’heureux actionnaire, pour assurer les dépenses de son train de vie, puisera dans la caisse.

Cela revient au même, me direz-vous. Pas tout à fait et la nuance est importante car l’heureux actionnaire n’est pas imposé sur ce qu’il gagne, mais sur ce qu’il dépense.

 Songez à ce que vous économiseriez, même avec une super TVA, si l’on vous appliquait ce système.

Ainsi, une respectable dame, qui en 2009 a touché indirectement presque 300 millions d’euros de dividendes ne s’est vue imposée que sur la somme de 80 millions. Je sais, c’est déjà beaucoup, même pour un gagnant au loto !

Heureusement, pour adoucir son malheur, le bouclier fiscal procédera à un joli retour à l’envoyeur. Vingt cinq millions, dit-on, pour trop perçu.

Où irait-on si tous les riches devenaient pauvres ! Comme dirait Alphonse Allais, ce serait plus révolutionnaire que de déménager les villes à la campagne.

Question naïve : cet argent non versé, cet argent remboursé, qui le compense ?

Ne répondez pas tous à la fois !

 

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