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19 juin 2010

Gouverner à la repentance.

Je n’ai jamais été gaulliste, à cause de ce que le gaullisme est devenu après 1958.  Un mouvement qui se drape dans un sublime orgueil en pensant à la France avant de penser aux Français mérite bien la leçon qu’il a reçue lors des évènements de 1968.

Sans ce sublime orgueil, la France eût pu devenir autre chose pour le grand bénéfice des Français, à un moment où elle en avait les moyens ; mais on ne refait pas l’histoire.

Pourtant l’appel du 18 juin 1940 qui fut en quelque sorte l’acte fondateur du gaullisme, fut d’abord dicté par l’honneur, le courage, la lucidité et le désintéressement.

On peut ne pas avoir été d’accord sur ce que cela a donné par la suite, lorsque de Gaulle fut de retour au pouvoir et lui reconnaître un certain panache en même temps que d’avoir eu une idée très claire (la sienne)de l’avenir du pays.

Aujourd’hui, force est de constater avec amertume que nous sommes bien loin de cette éthique. La France est gouvernée à la girouette des sondages et à l’humeur des journaux d’investigation. Heureusement d’ailleurs que les sondages et quelques journaux indépendants existent sinon nous serions en état d’encéphalogramme plat.

L’acte fondateur du sarkozisme fut, du moins aux yeux de l’opinion publique, la fête entre amis choisis au Fouquet’s, puis la croisière somptueuse sur le yacht de M. Bolloré, loin du peuple qui avait voté majoritairement pour lui, loin des militants qui avaient porté sa campagne. L’ère du je-m’en-foutisme était née. On n’avait jamais mieux donné dans la médiocrité.

Depuis notre Président nous a tout fait. Les m’as-tu vu tous les soirs à la télévision, regardez-moi je suis le meilleur, je vous dirige seul par les vertus de mes mérites, j’influence le destin de la planète, je suis l’homme des réformes. Le tout assorti de contorsions, pirouettes, danse du ventre et reniements.

Mais à force de faire des grimaces, le clown ne fait plus rire. Les médias se sont lassés et les sondages dégringolent à la vitesse du baromètre annonçant l’orage.

Alors changement de stratégie, on donne dans la sobriété, on s’entoure de mystère et de silence, on se fait désirer. Certains soirs il faut se demander même s’il y a quelqu’un à l’Elysée. On est passé du bling- bling à l’atmosphère de chapelle.

A la cour du prince ce n’est pas mieux. Qu’on aime le luxe et l’argent est sûrement inscrit dans la nature des hommes, mais quand on étale ce goût avec complaisance, cyniquement, cela devient insupportable.

Les parades pour donner le change à l’opinion sont si maladroites qu’elles en sont ridicules.

Il a fallu l’article satirique sur Mme Christine Boutin, pour que le Premier Ministre annonce triomphalement la fin du cumul de la retraite de député et d’un quelconque salaire ou indemnité. Qu’en aurait-il été s’il n’y avait eu la plume impertinente  d’un journaliste ?

Mme Rama Yade en passe d’être surprise dans une suite à 667€ la nuit dans un hôtel cinq étoiles d’Afrique du Sud, prise de panique, se réfugie à l’ambassade, puis en désespoir de cause loue une chambre à 120€ (somme qui s’ajoute au 667 € déjà engagés). De la chambre convoitée à la chambre de repli.

C’est désormais une stratégie bien rôdée par l’Eglise. On commet la faute, puis on se repent.

De l’agitation effrénée au silence assourdissant, de l’argent gaspillé en actes de contrition, de réformes durement engagées en reculades, ce n’est plus le gouvernement d’avant-garde tant promis qui nous dirige, mais un cabinet de repentis.

A savoir si les Français pardonneront.

Ils savent eux, qu’en général,  la vraie nature est celle qu’on montre spontanément, et non celle qu’on se compose plus tard pour donner l’illusion qu’on a tiré les leçons de ses erreurs.

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