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22 mai 2010

Le malandrin récompensé.

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 Dix sept mille milliards, est-ce que ce nombre vous dit quelque chose ?

-Le nombre de pas nécessaires pour faire le tour de la terre, peut-être ?

Nous sommes loin du compte. A 2000 petit pas par km, ça ne fait jamais que 80 millions.

-Le nombre de battements d’un cœur d’homme au cours de sa longue vie !

Mauvaise réponse encore. A l’âge respectable de quatre vingt ans, même en ayant été un sportif de haut niveau, baste si l’on atteint les cinq milliards de pulsations.

Dix sept mille milliards de dollars est la somme des prêts consentis par les états aux banques privées en difficulté, de par le monde ésotérique de la finance.

Record battu. Ce chiffre est tellement faramineux qu’il perd toute réalité. A l’échelle du temps on peut le comparer aux années lumières. Un beau voyage interplanétaire pour les fumeurs de Havanes.

-Et quelle contrepartie les banques ont-elles consenties aux états ?

-Aucune !

-Et quelle garantie les états ont-ils exigé des banques ?

-Aucune !

Mais les chefs d’état sont tous devenus fous !

Nullement ! Ils sont simplement intoxiqués par le système capitaliste. De peur de passer pour un bolchevick, aucun n’a osé imposer le contrôle de l’Etat dans les conseils d’administrations des groupes financiers qu’on sauvait du naufrage.

La solution était fort simple pourtant. Il suffisait d’imposer aux banques aidées,  un cahier des charges assorti d’un contrôle, afin de les obliger à observer un code de bonne conduite, dûment tant qu’elles roulaient avec l’argent du contribuable.

Le résultat ne s’est pas fait attendre. Les dix sept mille milliards se sont envolés comme un nuage de sauterelles droit vers les temples de la spéculation, ces paradis que nous ne connaîtrons jamais. Paradis où les gens s’enivrent non de marijuana pour prendre la route des nuages, mais d’espèces sonnantes et trébuchantes pour mieux garder les pieds sur terre. Que voulez-vous, si les rêveurs sont pour les paradis perdus, les pragmatiques de tout poil sont pour les paradis gagnés.

On dit de l’ivrogne : « qui a bu, boira !». On peut dire de la banque : « qui a spéculé, spéculera ! » et spéculera contre l’intérêt général, c'est-à-dire contre le peuple.

Qui s’en prend à la monnaie Européenne ? Qui a donné le coup de grâce à la Grèce ? Qui fait trembler l’Espagne et le Portugal ? Qui ne rassure pas la France ? Quels sont les fonds qui d’un clic de souris, passent d’une ruche à l’autre afin de faire main basse sur le miel ?

Personne n’en dit mot et pour cause, il vaut mieux se faire oublier quand on a fait une grosse bêtise. Ainsi le boomerang que nous avons lancé est de retour pour venir casser notre vaisselle.

Je pense que cette deuxième crise que nous subissons de plein fouet, que nous allons payer au prix fort, qui va nous faire rendre gorge, pouvait être évitée si nos dirigeants avaient eu le courage d’encadrer la haute finance. C’était l’occasion rêvée. Ils ne l’ont pas fait.

Le pouvoir politique a manqué l’occasion de prendre de l’ascendant sur le pouvoir financier qui aujourd’hui le ridiculise après s’être servi de lui. Mais peut-être ne le souhaitait-il pas, en France comme ailleurs, pour ne pas contrarier les amis du Fouquet’s. On ne tire pas contre son camp.

Lorsque les copains ne veulent pas taper sur les coquins, c’est qu’ils sont, forcément, dans le camp des coquins.

Et comme toujours, c’est l’honnête homme qui croit en la justice et à la peur du gendarme qui se retrouve grugé pendant que les officines, sous son nez, continuent à gaver leurs cadres de primes astronomiques et de parachutes dorés.

Tout s’est passé comme si, au poste de police, après avoir mis la main au collet d’un malandrin, au lieu de le mettre en prison, on lui avait versé la prime destinée à le faire arrêter, pour qu’il puisse aller plus loin poursuivre ses activités délictueuses.

Comparaison n’est pas raison. Mais celle-ci me paraît pourtant bonne à croire si l’on ne veut pas payer idiot.

 

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