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05 avril 2010

Le grelot de Grenelle.

 Certains scientifiques seraient-ils en train de perdre la boule, ou tout au moins de perdre toute crédibilité auprès du public, un peu comme les politiques ?

 Quelques signes montrent que la communauté scientifique officielle, depuis quelque temps,  s’aventure de plus en plus dangereusement dans le domaine politique.

Alors que jusque là sa vertu principale était le doute, voilà qu’elle semble prendre un certain penchant non plus à douter, mais à confondre hypothèses et postulats. Proposer ne lui suffit plus, elle se mêle de décider.

Après les deux majestueux plantages successifs du staff médical au sujet de la grippe aviaire, puis de la grippe A, d’autres acteurs de la  communauté scientifique voudraient nous imposer la pensée unique (leur pensée) sur le réchauffement climatique.

Fait unique à ma connaissance dans les annales, un groupe de « savants », la plupart climatologues, vient de saisir sa ministre de tutelle à la suite de la sortie du livre de Claude Allègre sur le réchauffement climatique.

Malgré les précautions et les circonvolutions  littéraires de leur lettre il s’agit en fait pour ces surdoués de demander au pouvoir politique de clouer le bec à l’irrespectueux Claude Allègre, sous prétexte qu’il « n’utilise pas les règles (de leur) communauté scientifique » ce qui le conduit, le malheureux, à « l’imposture scientifique ».

Vite une croisade et un autodafé contre l’hérétique. Qu’on le brûle séants ! On ne peut tolérer sur la place celui qui barre la route à leur grand projet : « construire une politique grand public sur le climat ».

Valérie Pécresse a eu la bonne réaction d’envoyer tout ce monde s’expliquer devant l’Académie des Sciences, entre gens de bon niveau, et de laisser se développer la controverse.

Car s’il agit de construire « une politique grand public » qui ressemble à un bourrage de crâne type grippe A, on va droit dans le mur. On n’approchera de la vérité qu’en opposant les idées.

Je ne suis pas loin de penser, comme Claude Allègre, que cette histoire d’excès de carbone dans l’air cache le problème bien plus sérieux de la pollution des sols, des fleuves, des mers et des océans.

Mais là, tout le monde s’en fout ; car il faudrait s’attaquer aux lobbies de l’industrie lourde, de l’agriculture intensive, et prévoir, organiser, une baisse sensible de la croissance par la régulation de la consommation. En un mot il faudrait revoir toute notre organisation économique et sociale. C’est impensable. Grenelle a beau agiter le grelot, les chèvres continueront de brouter dans le potager.

Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser un tant soit peu aux programmes électoraux. Que nous promet-on ?

Plus de zones d’activités, plus de constructions, plus d’urbanisation,  plus d’autoroutes, plus d’aéroports ; plus, toujours plus !   Aucun candidat en campagne ne se hasardera à proclamer qu’il veut moins. Pourtant tous ces plus, sans être algébriquement combinés, aboutissent à des moins dans la réalité des faits. Moins d’espace rural, moins de flore, moins de faune. En élargissant notre espace de confort, nous rétrécissons notre espace vital.

Alors,  pour arrêter la lourde machine lancée par pertes et profits, ce n’est pas les disputes mesquines de quelques surdiplômés bardés de certitudes qui changeront quoi que ce soit. L’efficacité dans ce domaine serait d’avoir un minimum de bon sens appuyé d’un maximum de courage.

Denrées trop rares, en voie de disparition, tuées par les pollutions visuelles et sonores des « m’as-tu vu, m’as-tu bien entendu, à la télé »

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