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22 mars 2010

Une fable qui nous rajeunit de six ans.

Hourra ! On a gagné !

Hélas ! On a perdu !

La France peinte en rose. On se croirait revenus en 2004.

Hélas ! On a perdu ! Des vaincus malentendants qui soudain nous écoutent, nous entendent. Il a fallu le concert de casseroles des urnes pour leur déboucher les oreilles. Ils n’auront  pas besoin du petit appareil discret à l’entrée du pavillon. Promis, juré, craché, ils vont changer. Changer quoi au fait ? Tiens pardi !...le nom des ministres.

Iront-ils jusqu’à virer l’inutile Bernard Kouchner ? Ce n’est pas impossible. De toute façon personne ne s’en apercevrait.

Iront-ils jusqu’à pousser Besson à réintégrer le PS ? C’est impossible. Il est grillé. Il ne pourrait trahir le PS une seconde fois. Et puis il est polyvalent. Il s’adapte  à tout. On l’a vu passer de la tige de rose au bâton merdeux avec une déconcertante facilité. Et avec une dignité qui lui est propre, même s’il ramène dans son sillage un dinosaure  qu’on croyait enterré. On le garde ! De toute façon personne n’en voudrait.

Les Français veulent des réformes. Ils auront des réformes dans la forme, sans changer le fonds. Les papis au boulot ! Les centenaires à la retraite !

Hourra ! On a gagné ! crient les vainqueurs. Pourquoi avons-nous gagné au fait ? Simple comme un bonjour, parce que le camp d’en face a perdu ! On a gagné à cause de notre bonne mine.

Toujours pas de programme, mais des haines recuites, des ambitions refoulées, des candidats potentiels pour 2012  qui font la queue chez le dentiste pour se faire affuter les dents, un discours triste et convenu truffé de généralités : « Plus de justice, moins d’inégalités, moins de chômage, une France plus solidaire etc… etc… »

-« Et avec ça, ils ont gagné ? »

-« Oui, Monsieur ! Ils ont gagné, malgré les abstentionnistes qui leur faisaient un bras d’honneur. »

-« Alors, la prochaine fois ils vont perdre. Effet de balancier ! »

La victoire en chantant qui sonne la défaite, voilà un triste refrain connu depuis 2004.

Heureusement, dans cette soirée de victoire aux allures de veillée funèbre, une  fable triangulaire vient éclairer le landerneau : La fable du matou, de la minette, et de la petite souris.

Le matou est à Montpellier. Il ronronne avec délectation. Il rentre  et sort ses griffes avec une jouissance à peine contenue. Quand il rentre ses griffes, il montre ses canines, quand il  sort ses griffes, son œil devient faussement langoureux. Un vieux gros matou rusé jusqu’au bout des moustaches.

La minette est en Poitou. Un saut de félin depuis Montpellier. Souple et sensuelle, on l’entend miauler jusqu’à  Paris. Et même paraît-il, malgré son double vitrage, jusqu’à l’intérieur d’un certain immeuble de la rue  Solférino ; à un point tel que les occupants voudraient se boucher les oreilles. Du coup ils deviendront sourds ! On n’en sort plus.

Une minette enjôleuse jusqu’au bout des cils et féroce comme la chatte à qui l’on a tué les chattons.

Et la petite souris alors ? Elle est à Paris. Elle bombe le torse, elle s’y voit déjà, elle se croit plus grosse que le rat; mais Minette et Gros Matou attendent qu’elle sorte de son fromage pour la croquer.

Quelle est la place dans cette tragi-comédie, du peuple, des chômeurs, des exclus, des malheureux ?

Jaurès reviens ! Depuis leur nuage, apprend-leur à regarder en bas. Et, s’ils ne s’aiment pas entre eux, apprend-leur du moins à aimer ceux qui avec persévérance, scrutin après scrutin, leur font l’honneur de voter pour eux.

 

 

 

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