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24 février 2010

le populisme.

Par les temps qui courent, où l’on prête plus d’importance au mot, à la belle phrase (ou à la mauvaise) qu’à  l’action, être populiste peut vous conduire tout droit au bûcher.

Nos élites politiques qui n’ont ni vision de l’avenir, ni programme sérieux, ni solution radicale aux multiples problèmes créés par l’évolution fulgurante de nos sociétés, ces élites politiques passent leur temps à fouiller les poubelles et à distribuer des leçons de morale. Et elles en veulent à mort au populisme. Car pour elles, ce qui se fait de mieux, c’est l’élitisme.

Aussi, on voit le résultat de cette façon de penser et d'agir dans notre vie quotidienne, dans nos contacts avec la réalité du terrain.

L’abîme qui sépare l’administrateur de ses administrés apparait clairement dans les émissions de télé qui opposent l’homme politique à un panel de gens choisis (ou sélectionnés) dans la société civile.

A l’homme politique qui plane sur ses grandes idées : « nous allons juguler le chômage, nous allons réduire les inégalités, nous favoriserons la croissance, nous ferons de la France un grand pays » d’autres voix répondent, les voix du quotidien : « j’ai deux enfants, je suis au chômage, je touche 900 euros par mois, j’ai 600 euros de loyer. Je fais comment pour vivre ? Ou bien, j’ai un travail, mon salaire est de mille euros par mois, je n’arrive pas à me loger, alors je couche dans ma voiture. Pour la toilette et la douche, je vais dans un foyer ; ou encore, j’ai reçu l’avis de décès de mon mari à l’hôpital. En face de son nom, trois lettres de mépris : DCD. »

En général ça se termine par : « Je ne connais pas votre dossier, donnez-moi vos coordonnées, je vais voir ce que je peux faire pour vous ». Une façon comme une autre de dire : « Vous avez eu la chance de me rencontrer, vous aurez un traitement de faveur. »

Nos hommes politiques n’aiment pas le peuple, ils le supervisent. Rien d’étonnant que sous leurs pieds, tout se délite, tout foute le camp, dans la rue, à l’école, à l’usine, à l’hôpital. Plus que de dirigisme, notre société a besoin d’affection et de considération. Considération à la personne, considération pour le travailleur, considération pour le malade, considération pour le pauvre bougre. Et qu’on ne me fasse pas dire le contraire de ce que je pense : considération ne veut pas dire complaisance.

Entendons-nous bien aussi. Je méprise profondément le populisme de Le Pen qui flatte le peuple dans ses mauvais sentiments, qui développe la haine de l’autre, qui prône l’exclusion ;

Mais il y a un autre populisme, celui qui comprend, celui qui aime, celui qui lutte, qui défend, le populisme des tripes. Le populisme à la Jaurès.

Ce populisme a le droit et même le devoir de chausser ses gros sabots et d’entrer dans les chapelles ou l’on murmure de belles idées tout en se poussant des coudes pour asseoir sa carrière. Il a le droit d’en chasser l’hypocrisie. Que ceux qui font mépris du peuple subissent à leur tour le mépris. Même si cela peut paraître choquant.

Quand Frêche dit à un cul bénit bien pensant : « Je te couperai les c…. sans que tu  t’en aperçoives » sous la grossièreté de l’image, tout le monde saisit le fin mot de la démarche. Avec le fameux vers de sa chanson : « Je te fous la gueule dans le bénitier », Léo Ferré ne dit pas mieux.

Une société stéréotypée, en passe de se formater, qui ne tient plus compte des individus qui la composent, a bien le droit d’avoir ses fous comme les rois avaient les leurs auprès du trône, pour leur dire les vérités que les courtisans n’osaient pas leur révéler.

                                           A suivre: Florence Aubenas (quand j’aurai lu son dernier livre)

 

 

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