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18 février 2010

La retraite au flambeau.

Les élections régionales s’annonçant des plus chaudes, les mouvements sociaux de la prochaine rentrée de septembre menaçant d’être musclés, les ardeurs réformatrices du président de la République se sont quelque peu calmées.

La réunion à l’Elysée sur le problème des retraites a donc tourné à la joyeuse causerie autour d’une tasse de thé.

Ce n’est plus avant l’été, comme promis, qu’on prendra des décisions, mais en automne ou en hiver, quand ça dérapera sur le verglas et qu’on ne jurera que par le chasse-neige.

De toute façon l’entente cordiale entre les trois partenaires est telle que lorsque l’un d’eux prend la parole, les deux autres regardent le plafond.

Le Président ne veut pas entendre parler de baisser les versements des retraites. Au ras des pâquerettes dans les sondages, il n’a pas envie de se retrouver au fond d’un puits.

Laurence Parisot ne veut pas entendre parler d’une augmentation des cotisations, surtout patronales. En pleine campagne électorale pour se faire réélire patronne des patrons, elle n’a pas envie de se faire tailler une veste, fût-elle de vison.

Les syndicats ne veulent pas entendre parler du recul de l’âge légal du départ sous les cocotiers. La retraite à soixante ans est le symbole d’années de lutte ouvrière. On y tient, on ne transigera pas. Comme dirait Tino Rossi, la vie commence à soixante ans.

C'est bien pourtant les trois choses à la fois qui risquent de nous arriver.

Avec pareille équipe sur le terrain on n’est pas près de siffler la fin du match.

« Je ne passerai pas en force, a dit le Président »

C’est toutefois lui qui a le ballon. En voilà un qui ne risque pas d’être sélectionné dans le quinze de France. Tout au plus au jeu de pingpong. Je t’envoie la balle, tu me la renvoie sagement. Je soupçonne pourtant ce mauvais joueur d’avoir en tête la célèbre réplique de Cyrano : « A fin de l’envoi, je touche ! »

Gare au coup tordu !

Je sens bien que c’est chaque citoyen qui devra retrousser ses manches pour régler le problème. Citoyens de notre belle France, plus de tabou ! Groupons nous et demain, empêchons le premier d’entre-nous de prendre la retraite. Nous sommes déjà trop nombreux, pourquoi en rajouter. Je vous propose de commencer par un coup d’éclat. Voter Sarkozy en deux mille douze. Ce serait un scandale qu’un homme qui n’aura que 59 ans soit poussé vers la retraite alors qu’il a cotisé cinq ans à peine. Plutôt qu’une retraite anticipée offrons-lui la retraite au flambeau. Il adore tant briller sous les torches.

Des amis m’ont fait remarquer qu’avec un pareil argument je ne serais pas crédible. Comment recommander de voter pour un homme que je porte si peu dans mon cœur. Ils ont raison, deux ans ne me suffiraient pas pour me convaincre à fortiori pour convaincre les autres.

Alors, vive la retraite à cinquante neuf ans après cinq ans de cotisation !

On n’arrêtera pas le progrès social.

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