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Midilibre.fr
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10 février 2010

La campagne, qui devait être chaude, est Frêche.

                      

  Ne croyez pas que la querelle qui tourne autour de Georges Frêche m’obsède. Mais elle m’amuse tant que j’en jouis  comme d’une comédie bien tournée à la Molière (qui séjourna d’ailleurs à Pézenas).

Paris ne connaît pas le Midi, mais Paris connaît trop bien Georges Frêche.

Le Midi est fier, rebelle, indépendant. Le soleil, le vin sans doute, mais des siècles aussi d’un Jacobinisme parisien qui ne l’a guère épargné, n’ayant  de cesse qu’il n’ait perdu sa belle langue d’oc. Aussi les hommes avec leur culture de gauche n’y sont ni faciles, ni soumis. Paris n’en a pas tenu compte.

Mais le côté le plus comique, je dirai le plus hilarant, de cette situation n’est pas là. Paris connaît si bien Georges Frêche, qu’elle en a peur.

C’est un homme lourd, rhumatisant, à  la démarche hésitante, qui s’avance. Il s’appuie volontiers sur l’épaule de ses amis. Mais son handicap s’arrête là, car cet homme a gardé dans son esprit l’agilité d’un écureuil.

Regardez bien son œil qui semble dormir d’une ironie cruelle, de l’ironie du Matou  qui attend le bon moment pour lancer son coup de patte.

La phrase la plus lourde, la plus menaçante, la plus insolente, il l’a lancée au cours d’un débat sur la chaîne d’information LCI, avec la légèreté d’une plume. Personne, sauf ceux qui l’on reçue dans l’estomac, comme du plomb, n’en a saisi le double sens.

G. Frêche : « J’ai beaucoup de socialistes, parmi les dirigeants, qui m’ont apporté leur soutien. »

Réponse d’un journaliste : « On ne les a pas tous beaucoup entendus »

G.Frêche : ( dégustez bien cette phrase) « Ceux qui sont candidats à la présidence de la République non, car vous savez très bien qu’on ne peut pas sortir n’importe quoi quand on est candidat. »

 

Explication de texte : Nul n’ignore, au siège national du PS, que Frêche, par ses réseaux, par ses amitiés, par ses obligés, bien qu’exclu du parti, détient dans son escarcelle les 15000 voix au moins des militants qui lui sont dévoués. Sa puissante fédération alliée à celle de l’Aude, à celle des Bouches du Rhône, a déjà assuré le succès aux primaires de la fragile Ségolène face aux poids lourds d’envergure que sont Fabius et Strauss Khan.

L’histoire peut bien se répéter.

D’où le propos de l’incorrigible provocateur brandi comme une menace : « On ne peut pas sortir n’importe quoi, quand on est candidat. »

Les lecteurs qui ont pris cette affaire en route doivent savoir que la fameuse phrase « pas très catholique » a été prononcée au Midi Libre*, qui en a rendu compte, très exactement le 22 décembre 2009. Elle répondait à une provocation de Fabius qui venait de déclarer que s’il votait en Languedoc Roussillon, il ne saurait voter Frêche.

 Le PS, qui ne pouvait l’ignorer, a donc attendu un mois et demi à réagir. C’est dire sa spontanéité à s’indigner et son empressement à réagir. Il y a été bien obligé pourtant «  à l’insu de son plein gré » lorsque l’Express a repris la malheureuse formule, en la sortant d’ailleurs de son contexte.

Chers amis lecteurs, si vous n’étiez déjà au fait de la chose, j’espère avoir contribué, à ma façon, à vous faire saisir la sournoiserie de cette affaire. Il ne vous reste qu’à organiser une devinette : en repérant les muets du sérail, vous saurez ceux  qui ont le plus de chance à la primaire qui désignera le candidat PS aux présidentielles…Sous l’œil ironique de Frêche surement, mais aussi sous son vote dominateur.

En notre Midi joyeux, cet épisode ressemble trop à l’éternelle Comédie Humaine pour qu’on ait le mauvais goût d’en pleurer.

 

·        Merci au Midi Libre et à L'Indépendant, d’héberger mon blog.

Commentaires

non seulement on n'en pleure pas mais on est confortés dans notre opinion : le PS n'existe plus mais les socialistes restent, ils savent faire la part des choses , ne voteront pas n'importe quoi, en tout cas pas Mandroux, brave dame s'il en est mais qui ne fait pas le poids; avec sa truculence et ses coups de gueule ( volontaires et réfléchis) je vais donc me déterminer pour FRECHE pour l'efficacité et contre l'hypocrisie des combats de " chefs"

Écrit par : ginette | 10 février 2010

Freche est un grossier personnage qui emploi les même méthodes choquantes que le front national, des phrases chocs pour faire parler de lui, indigne d'un socialiste même si Fabius a pas la tête d'un catholique....pas malin tout ça
Laurent

Écrit par : LAURENT | 13 février 2010

Les commentaires sont fermés.