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08 février 2010

A chacun son coucou.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais à chaque fois que j’ai pris l’avion, j’ai évité de me poser trop de questions. J’étais ravi surtout d’ignorer ce qui se tramait dans le cockpit, persuadé que si quelque chose de grave venait à s’y passer, on ne nous rassurerait jamais que par un gros mensonge. Je ne me demandais même pas s’il y avait un pilote dans l’avion.

On dit que voyager en avion est moins dangereux que prendre la route, sauf, qu’en vertu de la loi de Newton, toute chute est sans espoir alors que la ceinture de sécurité de votre voiture peut toujours vous sauver la vie en cas d’accident.

On se console en se disant que piloter un gros coucou est chose si sérieuse que toutes les précautions sont à double effet.

Alors, confiance et ignorance sont les deux mamelles d’un bon voyage aérien. Entre le décollage et l’atterrissage, je ne priais que par le haut niveau de la technique qui, parce qu’elle m’était mystérieuse, me libérait de l’angoisse des incertitudes.

Notez que si l’on pilotait le coucou comme on pilote un pays, je n’aurais de ma vie fréquenté un avion.

Il est vrai qu’en politique, les lois de la pesanteur sont différentes. On peut y pratiquer le vol plané, y subir des chutes libres suivies de redressements spectaculaires, sans connaître la nausée du mal de l’air. Le tête à queue y est fréquent et le looping un art qui s’y est banalisé à l’extrême. On y utilise abusivement le parachutage non pour préserver des vies mais pour sauver des carrières, voire des rentes de situation. Et si le parachute part en torche, il n’y a jamais mort d’homme, ça se solde tout au plus par une belle veste.

Par contre, le cockpit de l’avion France est une véritable cage de verre où,  si tout n’y est pas transparent, on peut tout de même apercevoir les incuries du pilote. De quoi vous donner la chair de poule en plein vol.

Le président s’y agite en permanence. On ne voit que lui. On a le sentiment qu’il se prend à la fois pour le pilote et les moteurs de l’avion. Il tripote tous les boutons sans trop connaître leur usage. Il ne lit que les cadrans qui sont au vert, ignorant superbement ceux qui clignotent rouge. Il refuse le copilote qu’il a relégué chez les stewards à la queue de l’avion. Il nous ment sur les incidents de parcours et, comble de pilotage à vue, il ne sait même pas où il va.

Dans ces conditions, il vaut mieux ignorer nous aussi comment nous atterrirons.  

 

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