MXX37
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

30 janvier 2010

Cathodique, plus que catholique.

Les amateurs de théâtre vont au théâtre pour se contenter, c’est leur choix, leur distraction, leur passion. De grâce qu’on n’impose pas aux autres le jeu permanent des mauvais acteurs.

Deux acteurs cette semaine se partagent la scène publique avec le même goût de la tragi-comédie.

Dominique de Villepin, le premier, est sorti du tribunal acquitté, blanchi, lavé du soupçon qui pesait sur lui. Aussitôt, la larme à l’œil, des trémolos dans la voix, il chante sa victoire comme le ténor de la Traviata. Bien qu’il affirme, le cœur sur la main, le contraire, ses phrases nettes, polies, calculées, valent, à chaque virgule, des giclées de venin. Pas de haine jure-t-il, alors qu’elle transpire par chacun de ses pores. D’autre part, comment peut-il prétendre tourner la page, alors qu’il en fait tout un roman.

Or, si les gens, qui ont d’autres chats à fouetter, se foutent pas mal de cette mauvaise comédie, il suffit parfois d’un spectateur, d’un seul  plus sensible que les autres, pour lancer de tomate assassine.

Et ce mauvais spectateur qui n’a pas apprécié la tragique envolée de son ennemi de trente ans, c’est l’hôte de l’Elysée.

Diplomatie et bienséance obligent, on ne lance pas des légumes depuis l’Elysée. Ce ne fut donc pas un lancer de tomates mais un bon coup d’hermine, bien feutré, bien hypocrite, bien envoyé. L’équivalent pour le palais de justice, d’un « casse-toi pauvre con » au salon de l’agriculture.

Le parquet fait donc appel du blanchiment de Villepin. Il veut, lui, le noircir au moins jusqu’en 2012. Ce n’est pas le coup de pied de l’âne, mais le coup de pied « Marin ».

On est à l’entracte , attendons la mise à mort du dernier acte.

Le deuxième acteur, c’est l’inénarrable Georges Frêche.  Cette fois pourtant, cette bête politique, ce roc, ce bloc, qui adore se mettre en scène en permanence, est devenu un acteur malgré lui.

Je n’arriverai jamais à prendre Georges Frêche en grippe, tellement cet homme est pris jusqu’à l’excès par la passion de ce qu’il fait. J’aime son verbe, j’aime ses joutes, j’aime sa franchise brutale, ostentatoire, bien loin des salons politiques feutrés où l’on prépare les coups tordus, même si lui aussi ne se prive pas d’en envoyer.

C’est le seul socialiste ou pseudo socialiste qui se soit permis de dire aux états major parisiens, que parmi eux, en dehors d’esprits brillants, il y avait aussi des cons.

Les militants d’ailleurs, les colleurs d’affiches, ceux pour qui les élus n’ont de considération que le temps de la campagne, eux, ne s’y sont pas trompés qui l’ont désigné par personne interposée tête de liste.

Georges Frêche le rebelle, le provocateur, le mégalomane, l’atypique, le politiquement incorrect, fait l’objet dans son propre camp d’une haine « sarkozyste ». Il a gagné tous ses procès y compris auprès des militants, qui l’ont plébiscité. Alors il fallait un procès en appel pour venger la direction parisienne qui s’estimait bafouée par le vote démocratique de la base.

On a trouvé la faille dans les hautes sphères socialistes…Son bilan ? La conduite politique de Frêche à la région s’est elle infléchie au point de devenir raciste, antisioniste ? Pas du tout, mais deux mots suffisent : « Pas catholique ». Que celui qui n’a pas prononcé ces deux mots jette la première pierre. Et pourtant, on tient là, l’affaire Cleastream de Georges fraîche.

Décidément cet homme a raison. Il y a aussi des cons dans les états major socialistes. Ils ne veulent plus gagner. Ils veulent simplement être de glorieux perdants. J’ai même entendu l’un d’eux s’exclamer sur France Inter : « Il est temps de perdre cette région ».

La défaite en chantant, comme fut celle de Ségolène.

 J’irai plus loin que notre tribun, en pensant à ceux qui souffrent aujourd’hui d’une certaine politique à cause d’une élection ratée : « On dirait que ces cons se reproduisent en génération spontanée ».

12:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : villepin, frêche, région

Les commentaires sont fermés.