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30 décembre 2009

Tamiflu...fluctuat*

 

 

                                                                    Tamiflu...fluctuat*

 

Passe que les politiques ne reconnaissent jamais leurs erreurs, on jurerait presque qu'ils ont été élus pour ça. Les connaissant, on ne leur demande pas de se tirer une balle dans le pied puisqu'on devine, de toute façon, qu'ils nous mentent, au seul fait qu'ils se contredisent; heureusement, comme ils n'ont pas de mémoire, ils ne peuvent être bons menteurs.

Ce qui est grave par contre, c'est que les techniciens officiels de la santé publique qui côtoient ces politiques pratiquent, à leur tour, la langue de bois grosse comme celle du bœuf.

La trouille mondiale de la grippe A est partie de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Madame le docteur Margaret Chan, directrice de cette respectable institution, n'a eu de cesse depuis des mois de brandir le glaive, de prédire les éclairs et le tonnerre. Un nuage de sauterelles allait à coup sûr nous dévorer. Elle a tellement œuvré, la pauvre, que de son aveu même, elle en a oublié de se faire vacciner. A l'heure qu'il est, cet oubli doit sans doute être réparé pour le principe, mais trop tard pour la crédibilité et pour l'exemple.

Loin de moi l'idée de tout faire porter sur les épaules, du reste charmantes, de cette dame qui a dû, de son côté, avoir droit à la sérénade quotidienne des pipeaux et des violons de ses savants conseillers. Sérénade ou même, vu sa réaction, Marche Funèbre de Chopin.

Le plus gênant dans cette histoire, c'est que le coup est parti, faisant le tour du monde, semant un vent de panique, en particulier chez les responsables politiques qui contrôlaient le moins leurs nerfs.

Le résultat est que nous les Français (avec notre Roselyne terriblement nerveuse), nous nous retrouvons avec, en stock, pratiquement 90 millions de doses de vaccin inutilisées(et payées au prix fort), sans compter les tonnes de Tamiflu, médicament dont on ne sait que faire et qu'on distribue gratuitement pour s'en débarrasser avant  qu'il soit périmé. Pas de chance avec le Tamiflu non plus, on s'est laissé refiler les fonds de laboratoires, il faut donc se dépêcher de le consommer. Il y a urgence à tomber tous malades. C'est un acte citoyen.

Plus sérieusement, on aurait pu prendre des précautions raisonnables vis à vis des plus fragiles sans tomber dans le gaspillage grossier des fonds publics.

Comment maintenant se sortir d'une situation qui, si elle n'était consternante, friserait le ridicule?

C'est là qu'on s'enfonce un peu plus dans le grotesque.

La grippe A, nous dit-on, est bien passée avec toute sa violence, mais on ne s'en est pas aperçu. Vous, moi, parents, amis, collègues, avons eu la grippe sans nous en rendre compte. C'est comme pour le Père Noël: elle est bien entrée, mais personne ne l'a vue. Tout cela pour nous prouver que les éminents prévisionnistes du malheur ne se sont point trompés de girouette.

Pondre un tel argument est proprement scandaleux, d'abord vis à vis des malheureuses victimes bien réelles, hélas!.

 Si l'on ne s'était pas affolé et à la limite dispersé, peut-être aurait-on pu s'organiser plus efficacement pour limiter leur nombre, ne serait-ce qu'en ne tenant pas à l'écart les généralistes. Qui, mieux qu'eux, est en mesure de connaître, chacun dans sa clientèle, le sujet à protéger absolument?

Il fallait cibler et non divaguer à tout va.

Dans toute pandémie, on sait que des êtres plus résistants que d'autres ne développent pas la maladie, sinon au Moyen Age, tous nos ancêtres seraient morts de la peste ou du choléra. A cette époque noire l'Humanité aurait pu être rayée du paysage aussi sûrement que les dinosaures. C'est au pourcentage de ceux qui sont mis en danger ou malheureusement succombent, qu'on mesure la gravité du problème de santé. Je vous laisse le soin, dans le cas présent, de faire le calcul et de le comparer aux ravages de la peste.

Des questions inquiétantes à propos des grands problèmes de la Planète sont désormais posées. Qui croire? Que croire? quand ceux qui sont chargés de nous éclairer, qui ont été formés et se sont spécialisés pour ça, se réfugient systématiquement derrière le confortable principe de précaution.

En vérité tous ces gens importants, imbus de leur science, sont à l'image d'une société où plus personne n'a le courage d'affronter ses responsabilités, où la moindre bruine déclenche aussitôt l'ouverture des parapluies.

 

 * fluctuat :  malmené par les flots, sur le point de couler.

                                                                  

 

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