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22 octobre 2009

L'échelle était trop courte !

Tout avait pourtant été préparé pour une ascension sans histoire. Sans problème, le petit allait devenir grand. On avait mis les moyens depuis longtemps, mais on a pensé à tout, sauf à la longueur de l'échelle.

Au printemps 2008 Jean Sarkozy est élu conseiller général de Neuilly sud qui comme chacun sait est un pauvre village de pêcheurs. Rien à dire, c'est le suffrage universel: les pauvres désignent un riche. C'est le premier barreau de l'échelle.

 Le jeune homme se contentera-t-il de ce perchoir? C'est mal le connaître. Il n'est pas une simple volaille de poulailler. Il veut être le coq de la basse-cour. Dès les premières séances, sans attendre de se familiariser avec sa nouvelle fonction, il demande la présidence du groupe UMP. Génuflexion des courtisans du lieu, Jean obtient le hochet sans difficulté. Le voilà donc maître du jeu politique au nez des barbons d'expérience à commencer par le Président du Conseil Général, Patrick Devedjian. C'est le deuxième barreau de l'échelle.

En fin 2008 et début 2009, huit des neufs fonctionnaires qui siègent au conseil d'administration de l'EPAD avec droit de vote, sont remplacés. Il est plus prudent, si l'on veut être sûr de son coup, de faire le ménage. Ainsi prépare-t-on une nomination déguisée en élection. C'est  le troisième barreau de l'échelle.

Il faut maintenant assurer une place à notre génial fiston au sein du conseil d'administration de l'EPAD afin qu'il puisse en briguer la présidence. Jeu de chaises musicales discret. Un certain titulaire du fauteuil, nommé Marseille, se colle au pastis. Il s'effacera modestement devant un génie. Sacrifice tout relatif car on apprend que Marseille reste à Paris. Il a été fort opportunément nommé par le Président de la République membre du Comité économique et social. Une planque dorée où l'on peut ronfler à son aise. C'est le quatrième barreau de l'échelle.

Reste le cinquième barreau, le plus facile et le dernier. De  là tout se finira en vol plané. Le 8 octobre Jean est désigné , ô surprise! par son groupe UMP pour présenter sa candidature à la présidence de l'EPAD. Fin de la boucle, voici le boulevard.

Mais rien n'est plus malaisé à remonter qu'un boulevard lorsque la foule s'y presse en masse. Surtout si c'est la foule de ceux justement qu'on prend pour des cons. Les courtisans ont beau ouvrir le parapluie, dérouler la moquette, babiller dans les radios comme des perroquets, cette foule ignare et méchante avance inexorablement. Des rustres, des médisants, des sans-culottes sans principe qui ne méritent pas un élu de Neuilly, un surdoué de la politique.

Soudain panique à bord. La presse se marre, on se tord de rire dans les ambassades. Même les Italiens de Berlusconi murmurent de plaisir et de malice.

C'en est trop. Si le prince est éclaboussé, qu'adviendra-t-il du roi? Il va recevoir des bouses!

Aussi, le vingt deux octobre, patatras! c'est la dégringolade! Une dégringolade , notez bien, personnelle et mûrement réfléchie qui ne rime pas avec pantalonade.

Manifestement il a manqué à ce jeune ambitieux un sixième, voire un septième barreau.

Voila à quoi on s'expose quand on a un papa qui vous fait la courte échelle.

 

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