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16 octobre 2009

C'est pitié, en royaume de France.

Giscard au cours de sa pseudo vie littéraire a essuyé au moins deux tirs de barrage particulièrement meurtriers. Le premier lui vient de Maurice Druon alors secrétaire perpétuel de l'Académie française: "Il n'a écrit qu'un seul roman et qui a fait rigoler tout le monde". On connaît la suite, Giscard fut élu brillamment et donc autorisé à revêtir l'habit vert. C'est dire si les membres de la vieille  Académie sont de joyeux drilles aimant follement ceux qui les font rigoler.

Le second tir,  encore plus cruel,  je l'ai entendu récemment sur la radio France-Inter, de la bouche d'un critique littéraire (qu'il me pardonne, j'ai oublié son nom):" des trois livres, dit ce critique, celui de Polanski, celui de Frédéric Mitterrand, celui de Giscard d'Estaing, c'est quand même celui de Giscard qui est le plus indécent".(il s'agit bien sûr du deuxième et dernier roman).

Cependant, quand Giscard aura cessé de faire le pitre avec ses romans de midinette, on pourra peut-être discuter sérieusement sur son compte. Je le dis avec d'autan plus de sérénité que je n'ai jamais voté pour lui, voilà un Président de la République qui laissera une trace dans l'histoire; non pas tant à cause de ses actions personnelles, mais tout bonnement parce qu'il a su choisir  et soutenir dans son combat sa ministre de la santé.  Simone Veil,  fut cette ministre. Elle  défendit la loi I.V.G qui dépénalisait l'avortement, jusqu'à épuisement de ses nerfs, écroulée en larmes sur son pupitre sous les huées des rustres de son camp. J'assimile cette loi qui libérait la femme dans son corps et dans son esprit, à la suppression de la peine de mort sous Mitterrand. C'est avec l'appui sans réserve de  la gauche d'ailleurs qu'elle fut votée sinon les femmes (coupables) en seraient encore à l'aiguille à tricoter.

Le Président d'Estaing laissera une trace dans l'histoire grâce à sa ministre, je persiste et signe.

Par contre je connais actuellement certains ministres qui ne contribuent guère à la renommée posthume de leur président tellement ils sont falots et soumis.  Il est vrai que Sarkozy ne les choisit pas, il les recrute. Et à entendre M. Besson défendre la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAB, on peut penser qu'il les recrute parmi les meilleurs manieurs de brosse à reluire.

Voir la fonction ministérielle ravalée au  rôle de courtisan me donne piètre opinion de ce gouvernement fantôme et blesse profondément mes convictions républicaines. Je peux comprendre et j'accepte qu'une solidarité gouvernementale s'installe pour le meilleur et pour le pire dans la conduite d'une politique, sinon ce serait l'anarchie. Mais que des ministres ne sachent pas le matin ce que, dans leur domaine de compétence, le Président a décidé pour eux le soir, pire, qu'ils soient obligés de se contorsionner pour justifier ses foucades, ses humeurs, ses réactions caractérielles,"c'est pitié en royaume de France".

Tous les journalistes vous le diront, hors micros et caméras, la droite grommelle, vitupère, car elle flaire déjà le désastre ou du moins les destructions dans ses rangs. Elle ne comprend plus, elle est désorientée, elle ne reconnaît plus son guide. Hélas si elle conteste sourdement, c'est pour mieux s'aplatir au passage du roi. Même les plus remontés se taisent.

Le vote du quinquennat, sur la proposition de Jospin, fut, on le voit bien, une erreur majeure. La cohabitation n'était pas la panacée, mais en faisant planer une menace sur l'exécutif elle maintenait un équilibre sous-jacent. Depuis, plus aucun frein, plus aucun contrepoids à un homme qui fonce tête baissé sans prendre de la hauteur et qui, de l'avis même des siens, a perdu, si tant est qu'il l'ait jamais eue, toute la mesure de son rôle.

Gageons que le Président Sarkozy laissera dans l'histoire la trace d'un feu follet et que nul ne se souviendra s'il a eu un premier ministre chargé de coordonner la politique de ministres responsables.

C'est ce que j'appelle le temps inverse. Aussi, "C'est pitié en royaume de France" .

 

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