MXX37
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

08 octobre 2009

Comment chacun trempe son zizi...

Georges Brassens est mon idole, c'est pour cela que je le cite souvent. Non seulement ses chansons sont des poèmes finement ciselés, mais encore quand il chante  les poèmes de Victor Hugo , de François Villon, ou de Francis Jammes, il a une telle façon naturelle de se les approprier qu'on dirait qu'ils sont de lui. Par delà ses chansons, l'homme aussi est atypique. Bourru, introverti, éternellement blessé par un sombre histoire d'adolescence, il était sur scène timide et pataud. Il s'exposait au public avec une réticence certaine. Seule sa chanson avait de l'audace. Une seule phrase  de lui résume cette façon qu'il avait de se comporter: " montrer  son cœur ou son cul, c'est pareil..."

Pudeur, goût de ne pas livrer son jardin secret, fierté de l'homme qui se méfie des autres.

Aujourd'hui, où l'on montre son cul pour masquer souvent qu'on n'a guère de cœur, cette attitude est démodée, obsolète , comme disent les techniciens. L'émission de Jean-Luc Delarue est l'exemple même de ce  qui court le mieux dans l'air du temps: un déballage médiatique aux sujets particulièrement porteurs:  en substance, "Pourquoi j'ai trompé mon mari...Pourquoi je n'éprouve pas d'orgasme...Pourquoi ma voisine m'excite...Pourquoi je me sens grosse...pourquoi je me sens maigre...etc...

Ce n'est pas de la confidence, c'est de l'exhibitionnisme organisé, un trou de serrure ouvert à grande échelle. Si l'on ajoute à cela les émissions aussi riches et juteuses que celles de la télé-réalité, on se dit que les voyeurs ont bien de la chance. Ils n'ont plus à se rendre dans les squares pour guetter les étreintes furtives des amoureux. Tout est à la télévision.

A cette mode, même les personnages les plus en vue ne peuvent résister. Si Giscard, tout émoustillé par sa gauloiserie, veut nous faire croire qu'il a rendu une princesse heureuse, j'en connais un autre qui se passerait de certains commentaires au sujet d'une phrase de son bouquin. Il a voulu faire du salace, du salé, pour donner plus de piment à sa littérature. En définitive pour mieux se vendre. Aujourd'hui  ses écrits le rattrapent et ce qui aurait dû rester secret, parce que intimement personnel, s'étale au grand jour de manière sordide. Trop sordide. Tant pis pour lui. On n'ouvre sa vitrine toute grande que pour montrer le beau linge sinon il vaut mieux fermer le rideau sur les secrets d'alcôve quand on aspire à la représentativité nationale.

Le citoyen sage, avisé, tolérant, se moque j'en suis sûr de la façon dont les grands de ce monde trempent leur zizi. Encore faut-il qu'ils ne  le lui mettent pas sous le nez.

Les commentaires sont fermés.