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01 octobre 2009

Quand on ne veut pas le feu, on ne vend pas des allumettes.

Il n'y a  pas de doute possible: la remise du nucléaire civil entre des mains peu scrupuleuses conduit tout droit à la "bombinette",  ce joujou convoité par des états aux mœurs incertaines.

 Enrichir de l'uranium pour le combustible des centrales (10%) amène  forcément à un enrichissement plus poussé (90%) à des fins militaires. Il n'y a qu'à faire son marché sur la scène internationale, largement achalandée, pour se procurer les plans des fameuses centrifugeuses.

En 1974, le gouvernement français aurait dû se montrer méfiant lorsqu'il fut sollicité par le shah d'Iran et se poser la question cruciale:

"Comment se fait-il, qu'un pays qui déborde de pétrole, veuille se mettre à l'énergie nucléaire dont il n'a que faire?"

Peut-être alors se serait-on demandé aussi, si  cette belle tête couronnée  n'abritait pas quelque germe malveillant.

Mais on se posa d'autant moins cette question que le shah, pour endormir notre méfiance, mit sur la table 1 milliard et demi de dollars qui permirent de boucler le financement de Tricastin. Ainsi naquit une belle amitié nucléaire franco-Iranienne qui se solda par un envoi massif à Téhéran de techniciens français  avec leur savoir faire.

Les mollahs sont peut-être "fous "de Dieu, mais ils sont avisés pour conduire leur politique. Ils mirent le shah à la porte et gardèrent le nucléaire. Ils firent plus fort, ils en conservèrent les acquis pour mieux le développer en douce.

On comprend aisément pourquoi, selon les révélations du Canard Enchaîné de cette semaine, des restes de financements de cette époque perdurent encore chez nous bien au chaud, financements qui rapportent  à l'Organisation de l'énergie atomique iranienne un bon dividende. De l'argent bien radio...actif.

Aussi, avec les moulinets, les rodomontades, les "m'as tu vu quand je pars en guerre" de notre Président, la France  a bonne mine. Certes le Président hérite d'une situation, mais sa culture politique ou du moins celle de ses conseillers, devrait l'inciter à plus de retenue.

L'Amérique, également complice de l'exportation du nucléaire civil, n'a pas, plus que nous, la légitimité pour agiter des menaces. Répétons encore une fois la parabole célèbre: "qui sème le vent, récolte la tempête."

D'autant que celui qui se croit fort a tendance à montrer ses muscles, alors que celui qui se sent faible montre sa ruse. Les Iraniens ont pris la précaution d'installer leur deuxième centre de traitement à quelques encablures de Qom, la ville sacrée des Chiites, sous protection d'Allah en quelque sorte. Toute frappe sur le site exposerait à des dommages collatéraux  en territoire sacré. Au risque de voir des populations religieuses se dresser un peu plus contre l'Occident. Dans un Moyen Orient au bord de la rupture, on n'a pas besoin d'apporter de l'eau au moulin des fanatiques.

Aussi, aux menaces de nos politiques de recourir à de sévères sanctions (sans top préciser lesquelles ou en reculant immédiatement après les avoir ébauchées), les Iraniens peuvent se permettre de répondre par un bras d'honneur en tirant des fusées à moyenne portée autrement dit capables d'atteindre Israël.

A vendre des allumettes on a gagné beaucoup d'argent.  S'il faut un jour se couler dans l'uniforme des pompiers, nous en perdrons au centuple. Et encore... s'il ne pouvait s'agir que d'argent...

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