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23 septembre 2009

Ni pour le roi de Prusse...ni pour vous!

Connaissez-vous M. Pébereau?

Pas plus que moi, je suppose.

M. Pébereau  est le patron de la BNP Paribas, banque française célèbre, s'il en fût. C'est le type  même du grand technocrate, bardé de diplômes, un de ces cerveaux "survitaminés" boostés dans les grandes écoles, bref une formule 1 qui tient la route et caracole en tête dans tous les circuits financiers.

Monsieur Pébereau est aussi, ce qui n'est pas un crime,  un homme de droite bon teint; il fut le conseiller des ministres des finances  de son camp, à d'autres époques, comme Valérie Giscard d'Estaing (oui, le Don Juan!), René Monory ou Edouard Balladur.

Aujourd'hui, dit-on, le Président Sarkozy lui prête une oreille attentive, au point qu'une partie des mesures prises en France pour contrer la crise, est directement inspirée par lui.

Monsieur Pébereau était donc chez lui, à l'Université d'été du MEDEF, dans un  milieu peu fréquenté par les gauchistes virulents.

Mais, nul homme, fut-il  prestigieux patron d'un prestigieux établissement financier, n'est à l'abri d'une phrase malheureuse. Brice Hortefeux en sait quelque chose.

Une fois monté à la tribune offerte par la patronne Laurence Parisot, la langue de M. Pébereau fourcha:

"Les banques sont au service des entreprises" déclara-t-il le plus naturellement du monde.

Aussitôt qu'il eut dit cela, folie dans le stade, comme au plus fort d'un affrontement O.M. -P.S.G. . Sifflets et quolibets jaillirent à l'encontre du malheureux orateur.

Pour siffler un homme si respectable, dans un milieu où l'on ne siffle guère, il fallait que les gens du cru en aient gros sur la patate contre les banquiers.

L'explication du dévoiement colérique de tous ces gens bien élevés est, me semble-t-il, très simple.

Les banques ne sont pas des entreprises philanthropiques, elles vivent pour elles avant de vivre pour les autres. Il est donc logique, sinon normal, qu'après avoir laissé tant de plumes dans la crise, elles veuillent reconstituer leur duvet avant l'hiver.

De la crise qu'elles ont pourtant déclenchée, elles se moquent. L'argent qui rentre actuellement dans leur caisse, qu'il vienne de leurs activités financières, de leurs spéculations, des frais que payent  leurs ressortissants ou des aides de l'Etat, sert d'abord à combler le trou abyssal de leurs pertes.  

L'argent rentre, mais ne sort plus ou fort peu. Le robinet est fermé. Des prêts au compte gouttes, des découverts à la pincette. Souffrance et incertitudes dans les entreprises.

D'où l'exaspération de tous ces gens du monde qui d'habitude lèvent le petit doigt sur leur tasse de thé.

"Figurez-vous, mon cher, que je n'ai pas pu me retenir de siffler!"

Les banques qui n'ont jamais travaillé pour le roi de Prusse, ne travaillent pas pour vous. Elles se sucrent d'abord. Vous le saviez bien sûr! Mais tant que cela ne vous atteignait  pas, vous faisiez semblant de l'ignorer.

Aujourd'hui, c'est différent. Comme on connaît ses Saints, on  les honore!

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