MXX37
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

07 août 2009

A ceux qui rient dans le cimetière.

 En 1922, le Président Poincaré, lors d’une commémoration, fut pris en photo dans un cimetière alors qu’ébloui par le soleil, il avait un rictus. Ce rictus fut pris pour un rire et utilisé par ses adversaires. Sous le titre de « l’homme qui rit dans les cimetières », ils l’accusèrent de se moquer des morts. En politique tout est bon pour déstabiliser celui dont on convoite la place.

Aujourd’hui c’est donc sans vergogne qu’on vient rire, cette fois de bon cœur, dans ce qu’on croit être le cimetière du P. S., à commencer par ses propres dirigeants. Ces derniers n’étaient pas les derniers, au soir des élections européennes, à venir, la larme à l’œil et les trémolos dans la voix, nous expliquer que le P.S était bien mort, et de proposer aussitôt leur dévouement pour le ressusciter.

Mais, à défaut d’être exquis, il est quelquefois des cadavres qui se portent fort bien, au grand dam des héritiers trop pressés.

N’en déplaise aux enterreurs de première classe qui prennent déjà leurs habits de deuil, le PS est certainement le parti politique qui possède le plus d’élus majoritaires ou d’opposition. Il gère la quasi-totalité des régions, la majorité des conseils généraux, les plus grandes villes de France sont devenues ses bastions, Paris (tout de même la capitale) Lyon, Toulouse. Il a fait trembler Marseille et Bordeaux.

Mais il y a mieux : Quelques détails que la presse, tout occupée à écrire la nécrologie, ne relève pas. Depuis le 1er Janvier 2009, vingt cinq élections partielles ont eu lieu, essentiellement cantonales. Le PS perd un siège ( à Nice !) mais en pique six sur douze à l’UMP. Détail croustillant, il gagne trois de ces sièges après l’annonce de son décès. Avouez que cet éternel agonisant, que d’aucuns rêvent d’euthanasier sur son lit d’infortune, n’a pas manqué d’une curieuse verdeur.

On comprend pourquoi Sarkozy s'est empressé d'éviter aux ministres remerciés la dure épreuve de l'élection partielle qu'ils devaient autrefois subir pour retrouver leur siège de député.

Est-ce à dire que tout va bien pour la gauche dans le meilleur des mondes ?

Certainement pas, car l’espoir ne peut venir d’un malade chronique.

 Le PS, à mon avis a un fort potentiel, mais il manque toutes les occasions. Certains considèrent que Ségolène Royal n’a pas l’envergure d’un homme d’état. Ils ont probablement raison pour l’instant. Elle représentait pourtant l’avantage d’écarter les vieux éléphants dévorés d’ambition morbide qui, de toute façon, peut-être parce qu’ils sont pressés par le temps qui leur est imparti, quittent un à un le navire pour accoster sur l’autre rive ; d’autre part, elle amenait dans son sillage, comme une bouffée d’air frais, une génération nouvelle qui rêve d’en découdre.

Le résultat est qu’aujourd’hui le PS n’a ni leader, ni programme et que, quoiqu’il fasse, il ne peut plus guère espérer combler entièrement son retard. Le danger vient de là, non de sa mort, mais de sa mise au placard. Car même si la messe pour 2012 semble dite, ce n’est pas encore une messe d’enterrement.

Les commentaires sont fermés.