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28 juillet 2009

On pédale dans la semoule.

Le Tour de France, épreuve cycliste la plus prestigieuse au monde, s’achève dans un feu d’artifice de maillots durement acquis.

 La foule enthousiaste a vécu trois semaines de coups de pédales magiques en oubliant le reste, c’est à dire l’ombre noire de la tricherie. On ne parle même plus de dopage. On fait comme s’il n’existait pas ou pire on s’en accommode. La fête est trop belle. Nul ne veut la gâcher.

Aucun coureur n’a été contrôlé positif : Ouf ! les bonnes consciences respirent. On n’a pas applaudi sur les pentes du Ventoux des zombis bourrés d’EPO mais des champions, des vrais, tout en muscles propres.

Sauf qu’à peine les lampions éteints, quelques grincheux et non des moindres, sortent leur panoplie du doute. Ils n’ont pas voulu intervenir pendant la course. Quoiqu’ils aient pu dire alors, nul ne l’aurait écouté. Mais maintenant que le soufflet retombe, voilà qu’ils parlent en avançant des arguments propres à faire réfléchir.

Président de l’Agence française de lutte contre le dopage, anciens entraîneurs, anciens coureurs, s’étonnent des performances, non pas exceptionnelles, mais proprement inhumaines de certains vainqueurs.

Impossible, disent-ils, de surclasser des concurrents sur les hauteurs de Verdier à une telle vitesse. Aucune cage thoracique, fut-elle celle d’un gorille, ne peut aspirer la quantité d’oxygène nécessaire à un tel exploit. Ainsi font-ils allusion à un mystérieux carburant qui viendrait d’ailleurs.

Et de pointer du doigt certaines transformations quasi miraculeuses : des rouleurs qui se mettent à grimper, des grimpeurs qui se mettent à rouler. Cela frise la transformation génétique.

Tout se passe aussi comme si certaines mains bienveillantes ( ou malveillantes, c’est selon…) avaient intérêt à protéger l’usage illicite de cette pharmacie sournoise qui semble se pratiquer sous un épais manteau, à grands renforts de ruses.

Le président de l’Union Cycliste Internationale a eu beau déclarer avec assurance : « Le Tour de France 2009 sera probablement l’évènement sportif le plus contrôlé de l’histoire », il n’a pu convaincre les spécialistes avertis. Car ce n’est pas le nombre de contrôles qui compte, mais la qualité. Si l’on opère avec des éprouvettes d’hier pour détecter les produits d’aujourd’hui ou même ceux de demain, on pédalera toujours dans la semoule.

A ce rythme là, les papis feront plus que résister, ils gagneront aussi les courses à vélo…Enfin, ceux qui n’auront pas disparu avant leurs cinquante ans.

L’observateur perspicace a pu constater tout au long de l’épreuve un phénomène étrange, à caractère social, qui a paru se dessiner.

Si ce qu’on soupçonne est exact, il semble que le peloton soit divisé en deux catégories : ceux qui ont d’énormes moyens financiers et ceux qui ne les ont pas ; ceux qui, initiés à de nouvelles pratiques plus sophistiquées, exigeantes en « logistique », pourraient se les payer et ceux qui ne pourraient avoir accès qu’à des produits illicites plus abordables, mais hélas pour eux actuellement décelables. Des coureurs de talent, parfois favoris, sont restés discrets, loin derrière les autres avec des performances anormalement basses.

A force égale, cherchez ce qui peut faire la différence…Personne pour l’instant n’est en mesure de trouver.

Et certaines gens sans pitié de souligner les moyennes prestations de Carlos Sastre, Cadel Evans, Denis Menchov, Tom Boonen. Et de pronostiquer, les mauvaises langues, que sous des cieux moins tatillons, on les verrait renaître.

On nous jure pourtant que si tricheurs il y a eu, ceux-ci, dès que la technique des contrôles aura progressé, seront confondus, les échantillons étant soigneusement conservés pour être analysés plus tard. Que les belles âmes qui tentent ainsi de nous rassurer aillent au bout de leur logique. Qu’on couronne en 2012, le vainqueur du Tour 2009. Chiche !

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