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22 juillet 2009

Rois du soleil, nous ne sommes plus des lumières.

 

 

Les bonnes idées que nous avons sont lentes à cheminer, comme des escargots. Il est vrai qu’elles ont à combattre les préjugés, les facilités économiques de notre société, mais surtout les forces financières établies auxquelles elles font ombrage.

On peut admettre, sans avoir l’esprit cocardier, que la France est un pays intelligent qui ne manque pas d’idées. Le problème est que, souvent, elle est la première à ne pas y croire.

En 1947, au sortir de la guerre, un jeune chimiste, le professeur Félix Trombe, obtint, Dieu sait comment, des crédits pour construire un four solaire. Le premier au monde. Il choisit bien sûr pour l’implanter un site remarquable par le cumul exceptionnel de son ensoleillement, la vieille cité militaire de Mont-Louis construite par Vauban.

Un miroir parabolique de quelques mètres de diamètre concentre l’énergie solaire en un point unique où la température peut atteindre 3000 degrés. Energie gratuite, d’une pureté absolue, non polluante, inépuisable : des arguments irréfutables qui auraient dû convaincre nos dirigeants de favoriser l’usage de cette énergie venue du ciel. Mais là encore le bon sens ne prévalut pas. On rentrait dans l’ère facile du « Tout pétrole » et la domination politico-économique de Total s’affirmait.

L’expérience du four solaire de Mont Louis fut arrêtée. On céda ce dernier à la commune qui en fit un centre touristique.

Forts cependant des résultats de Mont-Louis, alors que se profilait déjà la première crise pétrolière, les chercheurs du CNRS voulurent réaliser sur le même principe un four de taille quasi industrielle qui fut mis en service en 1970, non loin de là, à Odeillo.

En 1973, après le premier choc pétrolier, EDF entreprit un projet ambitieux sur le site de Targassonne : La centrale solaire Thémis, toujours à partir de la concentration de l’énergie solaire. Opérationnelle en 1983 elle s’arrêta dès 1986, faute de crédits, victime cette fois "du tout nucléaire". Il est maintenant décidé de la relancer en s’appuyant sur le système photovoltaïque (panneaux solaires).

Pendant que nous hésitions sans trop y croire, d’autres pays y ont cru avant nous. Vivement intéressés par nos expériences, ils se sont lancés, eux.

Les Etats-Unis pour trois centrales solaires de 1300 MW au total, soit la production d’un réacteur nucléaire de Golfech ;

L’Espagne pour trois centrales de 377 MW ; l’Italie, 700MW, et même le modeste Maroc  qui va mettre en route à Oujda une production de 470 MW. Ce n’est qu’un début, mais nous sommes déjà à la traîne, à l’heure où de grands bouleversements se préparent.

Ne voit-on pas que, faute de trouver une substitution aux énergies fossiles, ce sont les énergies renouvelables qui prévaudront ?

Ce sera la grande chance des pays du sud qui verront se créer des bassins d’emplois à  la source de cette énergie délaissée quoique vieille comme le monde. Si ce n’est certes pas pour demain, ce sera pour après demain.

Serons nous prêts, nous qui sommes à l’origine du Siècle des Lumières ?

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