05 avril 2009
Plein le ...coffre de la crise !
Je n’hésite pas à le dire : comme on a mis en place le tribunal de La Haye pour juger les dirigeants coupables d’atrocités sur les peuples, on devrait créer un tribunal international capable de punir les escrocs responsables de la crise. Car ces responsables existent. Ils sont connus. On en rencontre tous les jours. Mais d’eux, personne ne parle.
Vous me direz, il n’y a là que délit, bien loin d’un génocide. Hélas, par retombées, par effets indirects, cela risque d’être pire.
Tandis que l’autre jour Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI signalait la fragilité des pays pauvres, Youssef Boutros-Ghali ministre égyptien des finances enfonçait brutalement le clou :
-« Pour vous, gens des pays riches, la crise se soldera en général par moins de sorties, moins de restaurant, moins de vacances, alors que pour nous, gens des pays pauvres, il sera question de manger tous les jours. »
C’est une façon élégante de dire que des pauvres dans les contrées déshéritées sont appelés, si rien ne se fait, à mourir de faim à cause du cynisme de quelques financiers. L’an dernier, n’y a-t-il pas eu déjà certaines alertes dans de nombreux pays du Sud ou des émeutes de la faim se sont déclenchées?
Nous-mêmes, d’ailleurs, nous n’avons pas à nous glorifier : la queue aux Resto du Cœur s’allonge et le lot des « mal nourris » grossit. Déjà, de nombreux enfants chez-nous ne font un bon repas qu’à la cantine scolaire.
Plus on avance dans la mélasse, plus les économistes déroulent l’écheveau compliqué de ce qu’il faut bien appeler l’escroquerie planétaire.
Au départ est accordé un prêt immobilier dont on sait qu’il ne pourra être remboursé. Cet actif pourri, appelé subprime est assuré contre le risque que l’on sait quasi certain. Mais au lieu d’assurer ce risque une seule fois, comme on assure sa voiture contre l’accident, on l’assure jusqu’à dix fois. Aussi, dès que le marché s’effondre, on touche dix fois la mise.
En matière d’escroquerie légale, on ne fait pas mieux. Cela explique que le Numéro un mondial de l’assurance, la puissante A.E.G., ait fait faillite trois fois et par trois fois ait dû être renflouée par l’Etat Fédéral américain, quelquefois au profit de banques françaises.
Ils seraient presque comiques, tous ces vautours enfermés dans la même cage, contraints de se dévorer à grands coups de bec, s’il n’y avait au bout la misère de milliers de pauvres gens.
Encore toute la pourriture ne s’est pas étalée au soleil, car ce type d’opération répété des milliers de fois, par effet de cascade, a rempli les coffres des établissements financiers de joyeuses patates chaudes qu’il faudra un jour ou l’autre refiler à l’état, c’est-à- dire à nos généreux impôts.
Le FMI, peu soupçonneux d’optimisme a dès le début évalué les pertes à mille milliards de dollars. Aujourd’hui il révise ses calculs qui font quatre mille milliards de dollars. Pour demain, il ne se hasarde plus à des pronostics, tant le champ de foire grouille d’imprévus. Il y a bien longtemps qu’on n’éponge plus avec des serpillères. Toutes les pompes de la planète fonctionnent à haut débit.
Et l’action des politiques, dans tout cela ?
En six heures, ceux du G20 ont, paraît-il, réglé le problème. C’est inquiétant. Je me suis toujours demandé pourquoi on appelait ce genre de réunion, un sommet, pour avoir constaté que neuf fois sur dix, on en redescend très vite.
16:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, coffre, subprime, escroquerie, resto du coeur, responsables, fmi, émeutespolitiques




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