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24 novembre 2008

Pas de nouveaux pauvres!...

Les Français, paraît-il, sont exaspérés par les « cadeaux » faits aux banques. Il est vrai qu’avec le bouquet fiscal consenti depuis bientôt deux ans et tous ces milliards déversés dans un trou dont on ne sait s’il a un fond, ça commence à réveiller les envieux.
Gageons que le mécontentement sera plus profond si l’on parvient à savoir ce que les « intéressés » ont fait de tout cet argent. Pour l’instant on ne voit, comme effet induit, que des usines qui ferment et des emplois qui disparaissent.
Déjà pourtant une tendance se dessine dans l’immobilier où l’argent qu’on a piqué à l’épargne ne paraît pas être dirigé vers ceux qui en ont le plus besoin.

Ces dernières années, des promoteurs de tout acabit, attirés par la bulle immobilière, fortement incités par la loi Robien, se sont mis à construire à tout va, souvent n’importe où dans des déserts économiques où personne n’a envie d’aller. Résultat, ces braves gens, victimes de la frilosité des banques qui ne prêtent plus sans une solide garantie de réservation, se retrouvent avec un tas d’appartements et de pavillons en construction sur les bras. Pour ne rien arranger la demande de logements neufs a baissé ces derniers mois de trente pour cent .
Bref, c’était la misère assurée avec la certitude de voir la liste des nouveaux pauvres s’allonger.
Heureusement le père Noël, décidément de plus en plus présent tout au long de l’année, veillait.
Le plan Sarkozy prévoit de faire racheter par des organismes d’HLM environ trente mille logements privés.
L’aubaine était trop forte.
Nexity de la Caisse d’Epargne, Cogedim, Bouygues et autre menu fretin, se sont précipités pour faire leur offre…qui avec 5000, qui avec 1000 ou 2000 logements « en souffrance ».
Même s’il faut consentir quelques sacrifices ( 20% de décote dit-on) l’intérêt est triple :
1° La clientèle est toute trouvée. Il n’est plus besoin d’aller chercher l’éventuel acquéreur ni de le convaincre par une publicité tapageuse et surtout coûteuse. On joue sur du velours.
2° On refile au client la patate chaude en lui laissant le soin d’en assurer la gestion.
3° On se débarrasse de la marchandise par lots entiers avec assurance de paiement sans avoir à gérer de stocks ou de frais financiers.

Ouf ! Alors qu’on se trouvait devant la nécessité de brader les invendus, voilà que les affaires reprennent. La crise finalement a du bon. On ne le dira jamais assez, le malheur des uns fait le bonheur des autres.
Avec quel argent finance-t-on cette louable opération de sauvetage ? Avec celui de la petite épargne destinée à financer le logement social.
Pourquoi se gêner ? Le seul gêneur qu’on aurait pu craindre est à la dernière extrémité. Les deux infirmières stagiaires dépêchées à son chevet sont si maladroites qu’il est à craindre qu’il ne passe pas la nuit.

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