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02 juillet 2008
Audio ou odieux-visuel! (Salut Ingrid!)
Pendant que l’opposition s’épuise en préséances, en affrontements de personnes, en positionnements pour « l’avenir », elle passe à côte d’une bataille grave qui se joue en ce moment pour contrecarrer le projet de mainmise du pouvoir sur les chaînes publiques.
C’était à prévoir, le privé étant acquis depuis ses origines, il s’agit maintenant de mettre en rang les moyens d’information dits indépendants et de régenter les journalistes qui les dispensent. Pour notre part on nous dore la pilule ( en faisant miroiter la suppression de la publicité) pour mieux nous la faire avaler.
Mais un groupe de journalistes ne se manœuvre pas comme un quarteron de généraux, même si à mon goût, sans mettre le doigt sur la couture du pantalon, ces journalistes ont, par le passé, un peu trop courbé l’échine.
En ce premier juillet donc, l’orage n’a pas seulement grondé dans le ciel, mais aussi sur les antennes. La vidéo sortie avec des images off de France 3 est à cet égard fort révélatrice.
Au premier plan on aperçoit un Président de la République nerveux, agité, gêné. En face de lui se trouvent, gardant un silence assourdissant, des journalistes froids, hostiles et des techniciens impolis ou provocants.
Le visage du chef de l’Etat se fige. Il n’est pas ici, le bienvenu. On le traite non pas pour ce qu’il représente, mais pour ce qu’il est : une menace !
Dans un rictus une phrase siffle - : « ça va changer ! » sans qu’on puisse savoir si c’est la chaîne qui est visée ou s’il s’agit de la promesse des changements qui suivront les trains de réformes. Ces propos musclés ne détendent pas un climat déjà lourd.
Il est difficile de porter un jugement se basant sur la mine des gens, mais dans ce cas précis, force est de constater que l’ambiance a quelque chose de caractériel. Manifestement il y a là quelqu’un ( tous participants confondus)qui n’attendra pas pour régler ses comptes. On s’observe pour savoir qui tirera le premier. La publication de la vidéo sur internet est une réponse.
Manque de chance (faut-il parler de chance ?) pour Sarkozy, ce 2 juillet enfonce le clou. ; car ce n’est plus le « petit » personnel qui s’insurge, mais le président des chaînes publiques en personne. Patrick de Carolis est un homme discret qui sait avaler des couleuvres. On lui a reproché ses derniers temps sa réserve, sa mollesse, voire son manque de courage. Mais trop, c’est trop ! il sort de ses gonds en termes peu choisis : « Stupide…le compte n’y est pas. »
Se sachant désormais sur un siège éjectable, autant pour lui sortir avec les honneurs. Certes ce mouvement arrive un peu tard, mais il ne manque pas de panache. Hervé Bourges, une autorité morale incontestable qui depuis le début se bat contre le projet, appuie ce successeur de tout son poids.
N’y aurait-il donc qu’un vieux sage et un président chancelant pour défendre l’indépendance de notre information ?
Il serait temps qu’un mouvement d’intellectuels de poids prenne le relai de nos hommes politiques endormis et proclame haut et fort que l’impartialité est un droit même s’ils ne peuvent tout à fait éviter que pendant quatre ans encore telle ou telle carrière soit soumise aux humeurs d’un homme décidément peu serein au regard des responsabilités qu’il exerce.
Au moment où je termine cette note, est annoncée la libération d'Ingrid Bétancourt. Ceci n'empêchant pas cela, je reconnais que c'est l'énergie du Président Sarkozy qui a fait bouger les lignes. Il a donc une part importante dans cette libération. Je ne retire rien pourtant de ce que j'ai écrit dans une note précédente à propos des échecs enregistrés alors.
23:10 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Télé, chaînes, information, journaliste, président, impartialité, mainmise
Commentaires
interessant documentaire sur LCI sur la libération d'Ingrid
Ecrit par : la calmette | 03 juillet 2008


