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09.05.2008
Pouvoir sans conscience...
Comme on n’a jamais pleinement conscience du bonheur de vivre dans une démocratie, il est de bon ton, chez-nous, de brocarder la politique et ceux qui la pratiquent à tous les niveaux de l’Etat. Combien de fois n’avons-nous pas entendu la phrase assassine : « les politiques sont tous des pourris »
Ces « pourris » pourtant, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs tentations, leurs chamailleries parfois ridicules, ont veillé scrupuleusement jusque là sur nos libertés, nous garantissant la pérennité de notre régime républicain.
Pour parler comme les gens irréfléchis, je dirai que « certains d’entre nous aillent faire un stage ailleurs! »
Car le pire, en ce moment, est ailleurs. Voyez la Birmanie, voyez ce pauvre peuple, victime d’une épouvantable catastrophe naturelle de loin supérieure au tsunami. On annonçait 350 morts, ils sont 23000 qu’on ne peut plus cacher. Si l’on ajoute à ce nombre terrifiant les 42000 disparus, dont très peu seront retrouvés vivants, on n’est pas loin des 70000 victimes. Saura-t-on un jour le nombre de blessés ou d'estropiés ? A ces malheurs, à ces chagrins, s’ajoutent les effets attendus de la dévastation d’un cyclone qui a laminé récoltes, animaux, arbres, maisons : les épidémies, la famine, et avec la perte des habitations, la privation du confort le plus élémentaire.
L’ampleur d’un tel désastre n’est pas à la mesure d’un seul état, fût-il puissant et riche. Il faut, pour l’atténuer, la solidarité des pays étrangers qui en ont les moyens. Cette solidarité est prête à intervenir. Or le gouvernement de la Birmanie la refuse. La junte militaire accepte vivres et argent, (qu’elle distribuera suivant ses seuls critères) mais ne veut pas d’une ingérence humanitaire. Elle ne la veut pas parce que son principal souci n’est pas de soulager la détresse de son peuple, mais de se maintenir au pouvoir.
Que des équipes humanitaires entrent sur son territoire, suivies d’une cohorte de journalistes, de gestionnaires, d’observateurs, voila sa principale crainte. Elle ne veut pas montrer au monde, ce qu’elle cache depuis 46 ans. Elle ne veut pas non plus qu’avec des hommes libres, entrent des idées susceptibles de réveiller le peuple.
On retrouve encore ici, la constante historique de tous les dictateurs qu’on a vu opérer en tous temps et en tous lieux : peu importe pour eux que des hommes, des femmes, des enfants, meurent ; ils ne sont pas comptables de la vie, mais du seul pouvoir, avec les privilèges qui s’y rattachent.
Rien d’étonnant donc que la junte soit davantage attachée au succès d’un référendum destiné à asseoir un peu plus sa suprématie, qu’au sauvetage de ce qui peut encore être préservé.
Ayons ici une pensée pour Mme Suu Kyi, lauréate du Prix Nobel de la paix, privée de liberté pendant ces 18 denières années. C'est une femme seule, sans pouvoir certes, mais avec une conscience.
21:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Birmanie, junte, cyclone, humanitaire, solidarité
Commentaires
tout cela est bien vrai et si j'adhère à "presque" tout, c'est parce que je pense que notre démocratie est très fragile. OK pour ne pas dire systématiquement que les politiques sont pourris, mais je ne peux m'empécher de penser que nos dirigeants actuels le sont-sinon eux en tant que personnes, en tout cas leurs agissements.
Ecrit par : la calmette | 12.05.2008
Tout à fait d'accord avec vous, mais respecter la politique ( ne serait-ce qu'en allant voter) ne veut pas dire qu'on est forcément d'accord avec toutes. J'aurais dû préciser que les adeptes du "tous pourris" soit ne votent pas, soit nous filent du mauvais coton.
Cordialement, merci à la calmette, pour sa fidélité.
Ecrit par : ROUTIER | 12.05.2008


